Identifiant pérenne de la notice : 204950945
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Introduction : les mesures de soins pénalement ordonnés (SPO) se sont considérablement
développées ces dernières décennies, et notamment concernant les infractions pour
lesquelles elles sont prononcées par le juge. La psychiatrie est donc de plus en plus
sollicitée par la justice. Il paraît important de recueillir l’avis des psychiatres
concernant la pertinence et la place de ces SPO dans leur pratique quotidienne. Méthode
: il s’agissait d’une étude qualitative avec entretiens semi-dirigés auprès de psychiatre
de Picardie et d’Île de France. Les entretiens ont été analysés selon la méthode de
théorisation ancrée. Résultats : sept entretiens ont été réalisés. Les psychiatres
recevaient des patients pour tout types d’infractions pénales et ils diagnostiquaient
parfois des troubles de la personnalité, notamment des personnalités limites à expression
psychopathique, caractérisées par des troubles du comportement et une absence de demande
de soins. Ils évoquaient l’impression de jouer un rôle qui n’était par le leur, à
savoir prévenir la récidive de faits répréhensibles par la loi. Discussion : l’analyse
du cadre légal rattaché aux SPO met en évidence la complexité de l’articulation entre
justice et santé, et les questionnements éthiques qui en découlent, concernant la
nosographie de la psychopathie, l’insuffisance de formation en psychiatrie légale
et le risque de « psychiatrisation de tout crime ». Conclusion : les SPO permettent
d’amener vers le soins des patients qui spontanément ne prennent pas conscience de
leur souffrance psychique. Mais pour les psychiatres, il semble nécessaire de ne pas
confondre crime et maladie mentale, en continuant la réflexion avec les autorités
judiciaires.