Note publique d'information : La question de la scolarisation des enfants autistes est un sujet délicat. Jusque
récemment, la France a considéré ces enfants non comme des handicapés mais comme des
malades mentaux : la scolarisation ne leur était pas proposée, la prise en charge
thérapeutique étant privilégiée, voire exclusive. Les luttes ont longtemps fait rage
entre les défenseurs d'une prise en charge thérapeutique exclusive ou pédagogique
exclusive, ce qui a entravé la mise en place d’une politique volontariste en matière
d'autisme. En 1996, est votée une loi reconnaissant l'autisme comme un handicap. La
loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées pose un principe encore nouveau, c'est l'obligation d'une
inscription de tout enfant handicapé dans son école de quartier, et donc tant que
faire se peut, le maintien d'une scolarisation ordinaire pour ces enfants, l'intégration
scolaire étant le premier pas vers l'intégration sociale. La circulaire interministérielle
du 8 Mars 2005 sur la politique de prise en charge des personnes atteintes d'autisme
et de troubles envahissants du développement, met de nouveau l'accent dans son deuxième
axe sur l’importance de la scolarisation, si possible en milieu ordinaire. Ces deux
textes encadrent l'établissement de prises en charge individuelles, personnalisées,
et ouvrent la porte de l'école aux enfants autistes. La scolarisation en milieu ordinaire
apparaît désormais comme une thérapeutique en soi. S'opère un basculement subtil du
sanitaire vers le scolaire : auparavant le soin passait avant l'éducation, dorénavant
l'éducation, et par extension la scolarisation font partie du soin, voire sont des
thérapeutiques à part entière. Le secteur médical a perdu son pouvoir décisionnaire
au profit des instances de reconnaissance et de compensation du handicap. Quelles
sont les implications d'une telle mutation pour la pédopsychiatrie ? Quels rôles pouvons-nous
prendre dans ce nouveau dispositif ? Comment définir la place qui revient au soin
et celle qui revient à l'éducation, et à la scolarisation ? Quels enseignements pouvons-nous
tirer de l'étude menée dans les Pays de la Loire ? Quelles questions psychopathologiques
soulève-t-elle ?