Note publique d'information : Etalée sur près de 60 ans, la production d'A. Zweig comprend des romans, des nouvelles,
des pièces de théâtre, des essais, sans compter sa correspondance et de nombreux articles
portant sur la littérature, l'art et la politique. Dans ce travail spécialement consacré
au romancier, l'étude a porté moins sur le technicien du roman que sur l'homme poussé
à écrire pour témoigner de ce qu'il avait vu et vécu. Après des essais infructueux
au théâtre, c'est finalement dans le roman que Zweig donnera sa pleine mesure. Son
premier succès "Der streit um den sergeanten grischa" a été tiré d'un drame sur le
même sujet. Sur la même "fable" A. Zweig a greffé une multitude d'épisodes, des moments
retardateurs et des réflexions psychologiques, historiques et politiques, donnant
ainsi un roman d'une grande richesse. A cela s'ajoute un découpage quasi cinématographique,
un sens certain du "suspense" et un indiscutable talent pour animer des personnages
très attachants. Pris de préférence parmi les intellectuels bourgeois, les personnages
de Zweig seront "éduqués" d'abord par la vie puis, plus durement, par la guerre. Comme
Zweig lui-même, ils oscillent entre judéité et germanité, freudisme et marxisme, repli
sur eux-mêmes ou engagement politique. Sioniste déçu au cours de son exil en Palestine,
Zweig se tournera vers le marxisme et rentrera en Allemagne de l'Est. S'il participa
loyalement à la construction de la RDA, il critiqua cependant à plusieurs reprises
la ligne du parti en matière de littérature et d'éducation. Il refusa de condamner
Israël et resta fidèle aux théories de Freud. Ses derniers romans se ressentent de
ces ambiguïtés. Ecrivain réservé et mesuré, humaniste épris d'harmonie et de paix,
A. Zweig est l'héritier des grands romanciers du 19ème siècle, en particulier de Tolstoï
et de Balzac dont il a tenté, à sa manière, de faire la synthèse pour doter l'Allemagne
du cycle de romans qui lui faisait encore défaut
Note publique d'information : Spread over sixty years, A. Zweig's work includes novels, short stories, plays and
essays, in addition to his correspondence and many articles concerning literature,
art and politics. In this study devoted to the novelist, we examine not so much the
technician as the man compelled to write to bear witness of his experience. After
unsuccessful attempts in the theatre, it is finally in the novel that zweig showed
his full talent. His first success, der streit um den sergeanten grischa, was adapted
from an earlier play. A. Zweig grafted onto the original theme a multitude of happenings,
changes of tempo and psychological, historical and political reflections. The result
is a very rich novel, in which the sequencing of events has a cinematographic quality,
suspense is cleverly maintained and zweig shows his indisputable talent for giving
life to some very engaging characters. Usually bourgeois intellectuals, these are
educated first by life and then more harshly by war. Like Zweig himself they waver
beetwen jewishness and germanness, freudianism and marxism, individualism and political
engagement. Disappointed as a zionist during his exile in palestine, zweig adopted
marxism and returned to east germany. Although he participated loyally in the construction
of the german democratic republic, he frequently criticised the party line on literature
and education. He refused to condemn israel and remained faithful to freud's theories.
His last novels show the effects of these ambiguities. Reserved ans measured as a
writer, a humanist attached to harmony and peace, A. Zweig is the heir to the great
novelists of the nineteenth century. Following tolstoy and balzac, he wished to give
to germany the great cycle of novels still lacking in her literature