Note publique d'information : Cette étude a pour objet le sonnet espagnol à l'époque de la dictature franquiste.
Dans la première partie, le chapitre 1 évoque l'espace-temps collectif d'une Espagne
autarcique, qu'emprisonne la forme fixe et codifiée du sonnet, dont les poètes multiplient
l'usage au cours des premières années 40. L'espace national est représenté par des
symboles tels que la pierre et le taureau. Le chapitre 2 décrit des phénomènes de
fusions existant, pendant la même période ou plus tard, en fonction de l'évolution
de chaque poète, entre le locuteur individuel et ses espaces-temps intimes, qui sont
souvent des lieux géographiques espagnols. Chez certains poètes, le retour vers l'espace-temps
de l'enfance ou de l'adolescence est aussi un retour vers la forme structurante du
sonnet, de même que certaines aspirations mystiques se concrétisent dans des édifices
religieux que l'architecture du sonnet transforme en poème. Le chapitre 3 aborde la
notion de transgression formelle du sonnet, incarnation de l'engagement protestataire
de certains locuteurs. Cette pratique concerne les années 50 et 60. La seconde partie
consiste dans l'étude d'un corpus de sonnets amoureux à la même période. Une définition
du locuteur dans le sonnet y est tentée, à partir de la mise en évidence de la dépendance
intertextuelle de cette forme et de sa capacité évolutive. Dans la troisième partie,
l'essence metapoétique du sonnet se manifeste dans un corpus spécifique, dont l'origine
remonte au XIVe siècle italien, et qui se construit sur la dialectique de la répétition
et de la différenciation précédemment démontrée. Le sonnet y acquiert la double fonction
cruciale et contradictoire de "contenant" enfermant sa propre forme sur elle-même
et de "diffuseur" de poéticité.
Note publique d'information : This study deals with the Spanish sonnet at the time of the pro-Franco dictatorship.
In the first part, chapter 1 refers to the collective space-time of an autarkical
Spain, confined in the fixed codified form of the sonnet, whose poets use much in
the first 40's. The national space is represented by symbols such as the stone or
the bull. Chapter 2 depicts fusion phenomena existing -during the same period or later
on and according to the evolution of each poet- between the individual speaker and
his intimate space-times, which are often Spanish geographic places. Among certain
poets, the return to the space-time of infancy or of adolescence in also a return
to the structuring form of the sonnet. Similarly, some mystical aspirations materializing
in religions buildings the architecture of the sonnet. Chapter 3 tackles the notion
of the formal transgression of the sonnet, which is the embodiment of the certain
speakers' commitment of protest. This practice concerns the 50's and the 60's. The
second part consists in the study of a corpus of love sonnets at the same period.
One has attempted to give a definition of the speaker in the sonnet after giving prominence
to the intertextual dependence of this form and to its capacity of evolution. In the
third part, the metapoetic essence of the sonnet is revealed through a specific corpus
dating back to the Italian 16th century- whose structure derives from the dialectics
of repetition and of differentiation suggested before. The sonnet gains the double
function, both contradictory and crucial, of "container" confining its own form in
itself and of "diffuser" of poeticity.