Note publique d'information : Originaire du Hedjaz, un jeune poète et chanteur, Ma'bad, se décide à aller chercher
fortune à Bagdad. Il y arrive par malchance vers 810, au moment où la guerre civile
opposant les deux fils de Haroun al-Rachid, Al-Amîn et Al-Ma'mûn, bat son plein. Dans
la grande métropole abbasside, Ma'bad fréquente les bas-fonds et les lieux de plaisir,
et se fait peu à peu connaître et apprécier par les notables des deux bords. Devenu
chanteur attitré d'Al-Amîn, il prend la fuite pour Bassora lorsque son maître perd
définitivement la partie. De là, les hasards de la vie aventureuse le conduisent jusqu'en
Iran, mais on le retrouve bientôt à Bagdad, au service d'Al-Ma'mûn, où il encourt
tour à tour sa disgrâce et sa faveur... Puisant son inspiration pour l'essentiel dans
deux grands classiques arabes du Xe siècle, Rachid El-Daïf nous offre un beau roman
historique qui, à l'instar de ses prestigieux modèles, voudrait « instruire en divertissant
» - ou inversement. Le tableau qu'il dresse de Bagdad à son apogée est celui d'une
ville où le brassage des populations et le métissage des cultures engendrent une étonnante
liberté des moeurs. Et nous voyons éclore une véritable « civilisation du plaisir
» qui parvient, sinon à brider la violence endémique, du moins à en atténuer les effets.