Note publique d'information : Public : Étudiants en communication, professionnels de la culture et du management
culturel.Résumé : La rencontre avec l’œuvre artistique, son appropriation par les
couches sociales plus larges que celle de l’élite culturelle, l’insertion de l’art
dans la réalité sociale ont rendu nécessaire, dans une société en pleine transformation,
une stratégie spécifique. Plus qu'une forme de la médiation de l'art, ou un aménagement
de ses conditions de fréquentation, la culture en action a représenté, entre 1960
et 1986, un «agir communicationnel» par le biais du phénomène artistique. L'action
culturelle, pierre angulaire de la politique d'André Malraux, vit depuis 1983 une
période difficile, sur le mode du paradoxe : – elle se veut médiation, on lui demande
d'être médiatique; – elle se projette au service des transformations sociales, on
souhaite qu'elle fasse preuve d'esprit d'entreprise; – elle a l'ambition de favoriser
l'appropriation de l'art, on lui suggère de s'insérer dans le champ des industires
culturelles; – elle se propose de jouer un rôle dans une stratégie de réduction de
l'écart entre l'art et la population, on lui fait comprendre qu'entre la création
et les publics il n'est nul besoin d'intermédiaire. Là où l'immédiateté devient valeur,
quelle place reste-t-il à la médiation et à la transmission ? Là où la société se
veut «branchée», où les significations disparaissent devant les «contacts», où l'image
se remplit d'elle-même, quelle place reste-t-il pour les apprentissages de la réception
esthétique ? Place désormais à la société de communication. Reste pourtant, en ce
début des années 90, à ne pas oublier les exigences dont l'action culturelle n'avait
été qu'une expression.