Identifiant pérenne de la notice : 211614890
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Cornelius à Lapide (1567-1637) est sans doute l'exégète le plus représentatif de la
compagnie de jésus. Son œuvre immense, qui consiste en un vaste commentaire de la
bible, représente l'effort le plus complet et le mieux réussi de la contre-réforme
dans le domaine des études bibliques. L'humanisme dévot du père à Lapide est d'abord
l'effet d'une organisation qui ordonne le travail exégétique autour de la pédagogie
et de la lecture des auteurs antiques ou chrétiens. L'utilisation de la poésie gréco-latine
au sein de l'exégèse du savant jésuite renvoie de la sorte à l'idée d'une révélation
universelle : les œuvres des païens peuvent être utilisées sans danger, à partir du
moment où les infidèles ont disposé des secours suffisants pour se sauver et ont parfaitement
pu être instruits de la connaissance de dieu. La spiritualité baroque du père à Lapide
a donc pour dessein d'établir un parallèle entre l'éthique naturelle et l'éthique
chrétienne et de battre en brèche les thèses hérétiques des reformes selon lesquelles
la nature est radicalement corrompue et entraine la condamnation de tout ce qui a
été écrit par des païens. La culture gréco-latine a donc une valeur fonctionnelle
plus que décorative et joue un rôle de persuasion. A une doctrine de la vérité, se
substitue alors, dans l'œuvre de Cornelius à Lapide : un moralisme. Les commentaria
in scripturam sacram combinent donc deux manières de faire : la règlementation de
l'agir et la construction d'un langage. Mais la première est rigide, car elle concerne
et tient le lieu de la vérité. La seconde peut être très souple, car elle a une fonction
instrumentale et technique ; elle proportionne des procédures littéraires au type
de destinataires que Cornelius à Lapide veut toucher.