Identifiant pérenne de la notice : 212485164
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : La campagne de dénigrement de l'Islam suite aux malheureux évènements du 11 septembre
2001 aux États-Unis se réfère principalement au caractère prétendument non démocratique
de la culture musulmane. La Charia (corpus musulman) est généralement présentée comme
un système normatif involutif en rupture totale avec le monde contemporain (irrespect
des droits humains, minorisation du statut féminin, gouvernance théocratique...).
La mise en exergue de l'histoire du droit musulman montre cependant que les préceptes
originels de ce corpus n'étaient pas en contradiction avec une vision évolutive du
monde. Bien au contraire, la liberté de réflexion juridique laissée par le Prophète
Mohammed aux premiers califes et magistrats de l'Islam, la diversité des écoles juridiques
et la non-uniformité des interprétations données au corpus islamique, signent la souplesse
originelle de ce droit. Mais la tradition jurisprudentielle des premiers jurisconsultes
fera l'objet d'une telle vénération que l'autorité politico-juridique du Xe siècle
proclamera un consensus interdisant toute approche critique du patrimoine des Anciens.
Considérant cet interdit comme le principal facteur ayant rigidifié la pratique juridique
de l'Islam. et dans la mesure où celui-ci relève d'un fait non pas divin mais humain,
sa levée devrait conduire à une relecture plus adaptée de la Charia aux nouvelles
exigences du monde. Cette idée constituera la pierre angulaire du réformisme musulman
du XIXe siècle dont les thèses semblent puiser leurs racines dans les courants médiévaux
qui s'étaient dès le XI/XIIIe siècle énergiquement opposés au consensus portant l'interdiction
de la jurisprudence.