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Allo-immunisation anti-BSEP en post transplantation hépatique dans le cadre de la cholestase intrahépatique familiale progressive de type 2, expérience locale et perspectives

Information

Langue d'expression : français
Date de parution :  2015

Notes

Note publique d'information : 
Les cholestases intrahépatiques familiales progressives (PFIC) sont des pathologies fréquemment rencontrées en hépatologie pédiatrique. Leur évolution peut être défavorable avec apparition d’un prurit réfractaire ou d’une cirrhose. La seule option thérapeutique actuelle est la transplantation hépatique. Des récidives phénotypique de la maladie en post-transplantation ont été décrites depuis plusieurs années chez les patients atteints de PFIC de type 2. Elles sont liés l’apparition après la greffe d’anticorps spécifiques, ciblant la protéine BSEP présente dans les hépatocytes du foie transplanté. Une meilleure compréhension de la physiopathologie et de la génétique des PFIC, ainsi que de l’immunologie, ont permis de bien définir cette entité d’allo-immunisation anti-BSEP. À travers l’observation d’un patient et après revue exhaustive de la littérature, il est souligné le caractère complexe de cette pathologie et les difficultés du traitement. En particulier, on souligne qu’elle peut évoluer rapidement de manière défavorable, avec l’apparition d’une insuffisance hépatocellulaire en quelques mois ; et aussi qu’elle peut récidiver chez un même patient après traitement, mais également après une nouvelle transplantation. Les patients à risques sont ceux présentant une PFIC 2 sévère, avec des mutations spécifiques, générant un défaut d’expression important voir total de la protéine BSEP avant leur transplantation. Une méthode diagnostique établie et fiable doit être utilisée avec immunofluorescence indirecte pour détecter la présence d’anticorps et confirmation du ciblage de BSEP avec la technique de Western blot. Une titration des anticorps doit être également systématique, le taux d’anticorps étant corrélé à la sévérité de la pathologie. La prise en charge thérapeutique doit être rapide et adaptée, en utilisant une immunosuppression classique, complétée par des techniques d’élimination des anticorps du sérum, telles que la plasmaphérèse ou le rituximab. La prévention de l’allo-immunisation anti-BSEP est également indispensable. Les patients à risque, présentant des mutations « sévères », doivent être identifiés avant la transplantation. En post-greffe, l’immunosuppression doit être adaptée et la place d’une corticothérapie prolongée discutée. Un dépistage ciblé de l’allo-immunisation anti-BSEP est également indispensable chez les patients PFIC 2 transplantés, en cas d’apparition d’une cholestase ou d’anomalie biologique non expliquée. Un dépistage systématique biannuel peut aussi se discuter chez les patients ayant fait un premier épisode d’allo-immunisation, devant la fréquence des récidives. Enfin, un dépistage systématique dans le cadre d’un protocole collaboratif est également utile pour étudier la pathologie, en rechercher les facteurs déclenchants, établir une corrélation précise entre le taux d’anticorps et la symptomatologie, et étudier les bénéfices et risques des thérapeutiques réalisées. Un dépistage des patients transplantés pour PFIC 1 et 3 est également indiqué dans la cadre de protocoles de recherche, même si aucune récurrence de la maladie en post transplantation n’a été reportée


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