Note publique d'information : Les cholestases intrahépatiques familiales progressives (PFIC) sont des pathologies
fréquemment rencontrées en hépatologie pédiatrique. Leur évolution peut être défavorable
avec apparition d’un prurit réfractaire ou d’une cirrhose. La seule option thérapeutique
actuelle est la transplantation hépatique. Des récidives phénotypique de la maladie
en post-transplantation ont été décrites depuis plusieurs années chez les patients
atteints de PFIC de type 2. Elles sont liés l’apparition après la greffe d’anticorps
spécifiques, ciblant la protéine BSEP présente dans les hépatocytes du foie transplanté.
Une meilleure compréhension de la physiopathologie et de la génétique des PFIC, ainsi
que de l’immunologie, ont permis de bien définir cette entité d’allo-immunisation
anti-BSEP. À travers l’observation d’un patient et après revue exhaustive de la littérature,
il est souligné le caractère complexe de cette pathologie et les difficultés du traitement.
En particulier, on souligne qu’elle peut évoluer rapidement de manière défavorable,
avec l’apparition d’une insuffisance hépatocellulaire en quelques mois ; et aussi
qu’elle peut récidiver chez un même patient après traitement, mais également après
une nouvelle transplantation. Les patients à risques sont ceux présentant une PFIC
2 sévère, avec des mutations spécifiques, générant un défaut d’expression important
voir total de la protéine BSEP avant leur transplantation. Une méthode diagnostique
établie et fiable doit être utilisée avec immunofluorescence indirecte pour détecter
la présence d’anticorps et confirmation du ciblage de BSEP avec la technique de Western
blot. Une titration des anticorps doit être également systématique, le taux d’anticorps
étant corrélé à la sévérité de la pathologie. La prise en charge thérapeutique doit
être rapide et adaptée, en utilisant une immunosuppression classique, complétée par
des techniques d’élimination des anticorps du sérum, telles que la plasmaphérèse ou
le rituximab. La prévention de l’allo-immunisation anti-BSEP est également indispensable.
Les patients à risque, présentant des mutations « sévères », doivent être identifiés
avant la transplantation. En post-greffe, l’immunosuppression doit être adaptée et
la place d’une corticothérapie prolongée discutée. Un dépistage ciblé de l’allo-immunisation
anti-BSEP est également indispensable chez les patients PFIC 2 transplantés, en cas
d’apparition d’une cholestase ou d’anomalie biologique non expliquée. Un dépistage
systématique biannuel peut aussi se discuter chez les patients ayant fait un premier
épisode d’allo-immunisation, devant la fréquence des récidives. Enfin, un dépistage
systématique dans le cadre d’un protocole collaboratif est également utile pour étudier
la pathologie, en rechercher les facteurs déclenchants, établir une corrélation précise
entre le taux d’anticorps et la symptomatologie, et étudier les bénéfices et risques
des thérapeutiques réalisées. Un dépistage des patients transplantés pour PFIC 1 et
3 est également indiqué dans la cadre de protocoles de recherche, même si aucune récurrence
de la maladie en post transplantation n’a été reportée