Note publique d'information : Le déficit lié à la surdité entraîne des perturbations langagières qui ont des répercussions
sur les apprentissages des adolescents. Ainsi, à l’entrée à l’école, l’enfant sourd
présente généralement un faible bagage lexical (Marschark, 1993). Seban-Lefebvre et
Toffin, en 2008, expliquent que l’école est supposée combler le retard de langage
des enfants sourds et faciliter leur entrée dans le langage écrit. Les adolescents
sourds en intégration scolaire présentent la particularité d’être à la fois soumis
à un enseignement du français écrit similaire à celui d’entendants du même âge, et
de côtoyer également des jeunes sourds, avec qui la communication en langue des signes
française (LSF) est parfois plus spontanée. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre
au point un outil permettant d’évaluer leur lexique en français écrit d’une part,
et en LSF d’autre part, tout en observant les variables pouvant entrer en jeu. La
LSF, en effet, ne fait que peu l’objet d’évaluations spécifiques, ainsi il nous a
semblé intéressant d’étudier les critères pouvant influencer les performances lexicales
des jeunes sourds dans cette langue. Nous avons ensuite comparé leurs résultats en
français écrit à ceux obtenus en LSF afin d’observer si, comme l’a constaté Niederberger
(2007), notre protocole permettait de révéler un lien important entre les deux modalités.
Nos résultats ont mis en évidence que les adolescents sourds dont les résultats étaient
élevés dans une modalité avaient dans l’ensemble des performances plus faibles dans
l’autre. Par ailleurs, nous avons remarqué des effets du degré de surdité, du type
d’aide auditive, des types d’items sur les performances, que ce soit en passation
écrite ou en LSF, ce qui valide une partie de nos hypothèses. Les résultats obtenus
permettent ainsi de révéler et de mettre en avant certains éléments pouvant influencer
les performances lexicales des adolescents sourds.