Identifiant pérenne de la notice : 218858094
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Nombre d'adolescents nous tiennent à distance : « Ne me demande rien » semblent-ils
signifier lorsqu'ils ne l'énoncent pas clairement comme tel. Cet énoncé ne peut être
entendu comme une demande même s'il en revêt les contours, mais plutôt comme l'impossibilité
d'un point d'accroche à la demande. Pourquoi les adolescents se comportent-ils comme
s'il ne pouvait ne (plus) rien leur arriver ? « Il ne peut (plus) rien m'arriver »
n'installe pas le sujet dans la vie mais dans une forme d'errance. Peut-on parler
d'un défaut de structuration subjective ? Les empêche-t-il de trouver un point ou
un lieu originaire ? Pourquoi nombre des actions adolescentes (délinquantes par exemple)
ne parviennent-elles jamais à se hisser au rang d'actes mais demeurent, au contraire,
des ritournelles répétitives ? Les situations qui servent de point d'appui à l'auteur
évoquent des adolescents visant une sorte de renoncement à soi, d'effacement de soi
comme ultime recours à l'apaisement. Se perdre pour être… Dans une tension interne
qui n'est pas sans évoquer un étrange lien avec la mort, le vide n'angoisse pas, il
soulage. Faire le vide en passe également par se taire. Se taire pour oublier ? Oublier
une douleur jamais mise en mots. Ce vide du sujet, ce vide de sujet, cet effacement
temporaire semble être ce qui est visé, notamment au travers du détour toxicomaniaque,
rapport « passionné » à l'objet qui pourrait faire oublier