Identifiant pérenne de la notice : 218861818
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : La poésie pastorale baroque s'affiche comme l'héritière consciente d'une longue tradition
littéraire : Virgile et Théocrite, bien sûr, mais aussi les bucoliques mineurs de
l'antiquité, les poètes élégiaques latins, puis les grands modèles de la renaissance
néolatine. Ces exemples théoriques ou littéraires, enrichis encore par les apports
en langue vulgaire des italiens, des espagnols ou de l'école de Ronsard, subissent
avec le premier XVIIe siècle une mutation sans précèdent : la frénésie des formes
qui s'empare de la poésie bucolique appelait une étude du statut générique de la pastorale.
Mais l'analyse des différentes postures énonciatives, de l'approche descriptive ou
de la pratique des genres mêlés engage également une réflexion sur la vision du monde
baroque : comment expliquer sinon le succès de la poésie pastorale ? Les émules d'honore
d'Urfé tentent d'y découvrir le remède à une crise des valeurs aristocratiques, les
libertins s'en emparent pour conquérir un espace de liberté, et les poètes dévots
de la contre-réforme irriguent le monde bucolique d'une spiritualité nouvelle. Qu'ils
cherchent un refuge dans l'imaginaire ou approfondissent leurs blessures au contact
d'une Arcadie endeuillée, les pastoralistes baroques investissent la bucolique de
leur sensibilité propre, sensibilité dont les habitudes stylistiques sont aussi le
plus sur révélateur.