Note publique d'information : Introduction : La toxine botulinique est le traitement de référence de la spasticité
évoluant sur un mode focal. Or, certains patients spastiques traités par injections
de toxine botulinique au long cours, arrêtent les injections. L'objectif principal
de notre étude était de montrer si l'arrêt des injections de toxine botulinique pour
un autre traitement de la spasticité (chirurgie/orthèse/traitement per os) était plus
fréquent lorsque la toxine botulinique est réalisée dans une indication fonctionnelle,
que dans une indication de confort/douleur. Concernant nos objectifs secondaires,
nous avons souhaité réaliser un suivi, en comparant les paramètres d'injections des
patients ayant arrêté les injections de toxine botulinique, à ceux les poursuivant.
Au sein du groupe arrêt, nous avons également souhaité comparer le groupe arrêt pour
un autre traitement de la spasticité au groupe arrêt pour un autre motif en particulier
sur le plan du site d'injection. Matériel et méthode : Nous avons réalisé une étude
rétrospective unicentrique, au Centre Richelieu (La Rochelle). La population était
composée de patients hémiplégiques spastiques vasculaires d'origine ischémique ou
hémorragique, ayant reçu au moins une injection de toxine botulinique dans une indication
de traitement symptomatique focal de la spasticité, dont la première injection a été
réalisée entre 2001 et 2013. Le recueil des données a été réalisé par auto-questionnaire
et analyse des dossiers médicaux. Résultats : Notre étude concernait 72 patients.
Nous avons pu diviser la population de notre étude en 2 groupes : arrêt (58 patients)
et poursuite (14 patients) des injections de toxine botulinique. L'arrêt des injections
de toxine botulinique pour un autre traitement de la spasticité n'était pas significativement
plus fréquent dans une indication fonctionnelle que dans une indication de confort/douleur
(p=0.057). Nos 2 groupes étaient comparables sur le plan de l'âge, du sexe, du type
d'AVC, des effets indésirables, de l'indication, du site d'injection, de la corrélation
des résultats entre le patient et le prescripteur, du délai AVC-injection, du délai
entre injections, et des modalités d'information. Il existait une différence significative
entre les 2 groupes sur le plan des attentes dans les suites du geste de toxine botulinique,
qui n'étaient pas comparables du point de vue du patient ou du prescripteur (p=0.0339),
du nombre d'injections reçues (p=0.003), et de la satisfaction (note : p<0.001 et
question p=0.0031). De plus, l'arrêt des injections de toxine botulinique pour un
autre traitement de la spasticité était significativement plus fréquent pour une injection
réalisée au MI qu'au MS (p=0.013). Conclusion : La réacquisation d'un MI fonctionnel
et ainsi d'une autonomie de déplacement, serait un des principaux objectifs de nos
patients hémiplégiques. Il est aujourd'hui fondamental que tout patient présentant
une hémiplégie vasculaire spastique résistant à la toxine botulinique, ou au contraire
répondant à celle-ci mais ne désirant pas subir des injections au long cours, puisse
bénéficier d'une consultation pluridisciplinaire du handicap, au cours de laquelle
un bloc moteur pourra être réalisé et une prise en charge personnalisée proposée.
Enfin, le temps d'information de nos patients, par formulation d'un contrat d'objectifs
est fondamental, réalisant ainsi une alliance thérapeutique indispensable à leur satisfaction
et donc au suivi à long terme.