Identifiant pérenne de la notice : 218871813
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : INTRODUCTION : La prise en charge des patients usagers de drogues présente une grande
disparité : une minorité de praticiens suit une majorité de patients. Les médecins
généralistes avancent des facteurs de réussite et des obstacles à la prise en charge
des usagers de drogues. Mais les patients eux-mêmes ne privilégient-ils pas certains
médecins pour leurs soins ? Quels sont leurs critères pour choisir un médecin prescripteur
de leur traitement substitutif aux opiacés (TSO) ? MATERIELS ET METHODE : Nous avons
réalisé une enquête qualitative de terrain par des entretiens semi-dirigés auprès
de 19 patients aux profils diversifiés dépendants aux opiacés substitués dont le médecin
prescripteur exerce dans le du nord Deux-Sèvres. Les données ont été analysées de
façon thématique grâce à un double codage et à l'utilisation du logiciel NVivo 8.
RESULTATS ET DISCUSSION : Les critères des patients dépendants aux opiacés pour choisir
leur médecin prescripteur de TSO correspondent à la définition et aux fonctions de
la médecine générale : ce sont ceux d'une relation thérapeutique basée sur l'approche
centrée sur la personne. Ils prennent également en compte les compétences dans le
domaine de la toxicomanie. Mais les préjugés et les représentations du médecin tiennent
également une place importante : si le médecin renvoie l'image d'un patient porteur
des stigmates attribués au toxicomane par la norme sociale, la prise en charge est
vouée à l'échec ; si le médecin renvoie l'image d'un patient dont la toxicomanie n'est
qu'un problème à prendre en charge parmi d'autres, le patient n'est plus réduit à
un être « déviant » la norme et le projet de soin pourra s'élaborer dans le temps.
La persistance des préjugés et représentations explique en partie la disparité des
pratiques des médecins généralistes dans le soin aux usagers de drogues. CONCLUSION
: Pour les patients dépendants aux opiacés, la prise en charge par le médecin généraliste
est satisfaisante lorsque les stigmates portés aux usagers de drogues sont levés par
le praticien. Il est donc nécessaire de réfléchir à l'influence de nos représentations
et préjugés dans notre pratique afin de répondre au mieux la fonction du médecin généraliste.