Identifiant pérenne de la notice : 218872046
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Objectifs : Étudier le parcours de soins de la population Sourde jusqu'à la consultation
en LSF et en vérifier la cohérence. Analyser les relations entre les différents médecins
afin d'évaluer la coordination des soins. Identifier les critères qui déterminent
la coordination du parcours de soins. Méthode : Enquête prospective par questionnaire
auprès de l'ensemble des patients consultant au pôle d'accueil et de soins en LSF
du CHU de Rennes du 4 au 15 avril 2011. Recueil des caractéristiques socio-démographiques
du patient Sourd et de son médecin habituel, comparatif des habitudes de consultation
au pôle LSF et chez le médecin habituel, observation du parcours de soins et étude
de la coordination. Résultats : 16 questionnaires d'une durée moyenne de 24 minutes
ont été exploités. Sur l'échantillon de patients analysé, le sex-ratio est de 1,3
et la moyenne d'âge se situe à 40,4 ans. 56% des patients résident à proximité immédiate
et ont un niveau d'études équivalent au CAP/BEP. 43% sont actifs occupant des emplois
de type ouvriers ou employés. La surdité est congénitale pour 69% d'entre eux et profonde
dans 63% des cas. 75% utilisent majoritairement la LSF. Le médecin habituel est un
généraliste (94%) homme (69%) de 40 à 55 ans environ (53%) exerçant seul ou en association,
en cabinet libéral (94%) en zone urbaine (69%). La communication avec le patient Sourd
s'établit en français oral ou écrit, ou fait appel à un tiers non professionnel. 19%
des patients ont déjà abordé le sujet du pôle LSF avec le médecin habituel et 6% lui
reconnaissent l'habitude de soigner des Sourds. Il s'agit de la première consultation
au pôle LSF dans 25% des cas. Le suivi est plus ancien chez le médecin habituel (75%
supérieur à 10 ans) alors qu'il est plus fréquent au pôle LSF (≥ 1 fois / mois : 83%
vs 25%). L'autonomie pour la prise de rendez-vous et la consultation médicale est
meilleure au pôle LSF (88% et 94%) que chez le médecin habituel (vs 56% et 60%). De
même la satisfaction sur la qualité et la quantité des informations est supérieure
au pôle LSF (56% et 76%) que chez le médecin habituel (vs 12,5% et 6%). 88% des patients
Sourds ont déclaré un médecin traitant dont 69% le médecin habituel. Le motif de consultation
est récurrent dans 87,5% des cas et 56% des patients ont déjà consulté pour ce motif.
Le médecin traitant n'est ni à l'origine de la connaissance du pôle LSF par le patient,
ni à l'initiative de la consultation, puisque 87% viennent sans référence médicale.
Dans 92% des cas, le parcours de soins n'est pas coordonné. 69% des patients ne se
disent pas opposés à la communication établie entre les médecins à l'issue de la consultation
dans 56% des cas. Enfin 63% des patients n'ont pas le sentiment d'être mal orientés
dans le système de soins. Conclusion : Après un parcours de soins antérieur difficile,
bien qu'ils aient déclaré et consulté leur médecin traitant qui connaît l'existence
du pôle, l'accès des patients Sourds à l'unité LSF du CHU de Rennes n'est pas coordonné
(92%). Les déterminants de cette coordination n'ont pas pu être explorés de manière
statistique. Notre étude démontre l'instauration en parallèle de deux circuits de
soins qui communiquent peu. Le patient est dans l'ignorance de cette communication
et de l'utilité de la coordination des soins. Les besoins de soins de la population
Sourde ne sont pas identifiés par le médecin traitant ce qui prouve l'intérêt des
unités LSF et de leur accès direct spécifique.