Identifiant pérenne de la notice : 218875118
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Les villes de la colonisation espagnole représentent la réalisation d'un projet d'ordre
urbain et de prise de contrôle de l'espace et des hommes. Cette histoire commune marque
encore fortement les tissus urbains : une grande partie des villes ont été tracées
selon un plan en damier régulier autour d'une place centrale et la répartition des
fonctions traditionnelles a suivi un même modèle de structuration de l'espace intra-urbain.
Le modèle de centralité et le tracé colonial, qui donnaient une certaine homogénéité
au fonctionnement des villes mexicaines, sont, depuis plusieurs décennies déjà, remis
en cause par la pression de la croissance urbaine, la dynamique des marchés du logement
et l'éclatement des fonctions centrales. Dans la ville contemporaine, la politique
du patrimoine a permis l'individualisation d'un sous-espace urbain central, qualifié
de « centre historique ». La pratique mexicaine de protection du patrimoine apparaît
comme une des rares tentatives systématiques de protection de l'intégralité des espaces
urbains de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. L'intégration des quartiers populaires
centraux au sein de zones de protection a sanctionné la fin des grands programmes
de rénovation sans toutefois permettre la mise en place de politiques de réhabilitation.
Alors que les villes latino-américaines sont souvent caractérisées par la déficience
des politiques publiques, par des dynamiques issues du libre jeu d'acteurs individuels
dans le cadre de stratégies d'investissement, de spéculation ou de survie, ce travail
prend comme objet le rôle des politiques d'aménagement urbain. Les actions des pouvoirs
publics et les relations des acteurs privés aux normes et réglementations conditionnent,
autant que les héritages historiques et les dynamiques économiques, les évolutions
des espaces centraux. L'étude de la spécificité des espaces centraux des villes mexicaines
et l'analyse des dynamiques à l'œuvre dans les quatre principales métropoles (Mexico,
Monterrey, Guadalajara et Puebla) permet de rendre compte d'une forme particulière
du rapport de la société mexicaine à son historicité et à son devenir.