Note publique d'information : Dans l’arrière-pays marseillais de la fin de l’Ancien Régime, les démocraties villageoises
se maintiennent, tandis que les petits pôles urbains sont dominés par les familles
les plus honorables et les plus fortunées du lieu. Après la Révolution, un véritable
pouvoir de classe voit le jour, dans le cadre du régime censitaire imposé en 1802
par les autorités napoléoniennes. Pourtant, les notables du début du XIXe siècle,
comme les plus apparents d’autrefois, ne forment nullement un groupe homogène. C’est
l’État central qui d’une certaine manière leur a donné un sentiment d’appartenance,
au fondement dès lors d’une réelle conscience de classe. Brumaire a donc définitivement
fait triompher les possédants. Une alternative démocratique était néanmoins possible.
C’est ce que suggèrent en tout cas, au moins pour les quinze communes de l’arrière-pays
marseillais (Allauch, Aubagne, Auriol, Belcodène, Cassis, Ceyreste, Cuges, Gémenos,
Gréasque, La Ciotat, La Penne, Peypin, Roquefort, Roquevaire, Saint-Savournin), l’intensité
de la participation citoyenne à la vie politique locale comme aux grands débats nationaux
et l’indéniable ouverture sociale dans l’accès aux charges publiques, autant de thèmes
au cœur de cette étude