Note publique d'information : Malgré la forte ambivalence qui marque dans son oeuvre les représentations de l’Italie,
et qui a pu faire douter de son réel patriotisme italien, Virgile a foi dans l’avenir
d’une Italie unie ; sa pensée politique est cohérente, et les apparentes contradictions
elles-mêmes jouent un rôle calculé dans la formulation progressive de cette pensée.
Dans l’enthousiasme né de la victoire d’Actium, le poète définit une identité italienne,
fondée sur l’agriculture et l’art militaire. Vision unifiante, qui se heurte toutefois
au rappel des guerres civiles. Balançant entre espoir et pessimisme, les Géorgiques
s’acheminent, par une série de retours et de retouches, vers une acceptation de la
violence, vue, dans une conception mystérique, comme une étape nécessaire vers la
régénération. En lien étroit avec les Géorgiques et selon le même savant principe
de composition initiatique, l’Énéide amplifie l’éloge de l’Italie, terre d’élection
du dieu Saturne, et après avoir alternativement montré ses divisions et l’effort fédérateur
qui les surmonte, offre l’image finale d’une Italie désormais unie dans l’accomplissement
de sa vocation.
Note publique d'information : Even though Italy’s image is highly ambivalent in Virgil’s work — so much so that
doubt has sometimes been cast on his Italian patriotism — the poet has faith in the
future of an united Italy. His political thinking is (ultimately) consistent : even
inconsistencies play a carefully thought-out role in the gradual emergence of this
position. Inspired by enthousiasm generated by the victory at Actium the poet delineates
an Italian identity which is based on agriculture and soldiering. This unifying view,
however, conflicts with reminders of the Civil Wars. In the Georgics, while wavering
between hope and pessimism, Vergil takes up and touches up his own ideas and eventually
comes to accept violence, considering it, thanks to mysterical conceptions, as a necessary
step towards regeneration. The Aeneid, which is closely linked to the Georgics, follows
the same subtle principle of initiatory composition. It develops the praise of Italy,
Saturn’s chosen land, and after showing both its divisions and the unifying effort
that overcomes them, finally pictures Italy as a country now united by its fulfilling
of its vocation.