Note publique d'information : Henri II de Bourbon a initié un changement capital pour son lignage : le rebelle de
la régence de Marie de Médicis est devenu un auxiliaire de Richelieu et du pouvoir
monarchique. Cette coopération, assortie d'une mutation des recrutements clientelaires,
s'est traduite par un enrichissement colossal et une influence croissante sur les
décisions de l'Etat. Son fils, le grand Condé, entendait bien accroitre ce capital
de prestige et de puissance sous la régence suivante, en contrepartie de ses services
militaires. Mais il se heurta aux prétentions rivales du cardinal Mazarin, presse
d'asseoir sa propre autorité dans le royaume. Cette opposition dériva peu à peu vers
un affrontement qui poussa le prince, après bon nombre de ses parents, du côté des
frondeurs, qui regroupaient pourtant la plupart des ennemis politiques traditionnels
de sa famille. Le parti condéen fut donc un assemblage hétéroclite et instable, qui
se désagrégea rapidement. Mais après sept années passées au service de l'Espagne,
le grand Condé retrouva le réseau d'alliés et de clients édifiés par son père. Il
cultiva cette continuité, qui se fondait aussi sur l'auto-reproduction et la fermeture
relative du milieu des protégés, intéressés à garder et à transmettre des traditions
de service qui profitaient à l'ensemble des leurs. Car le prince et son fils Henri-Jules
ont su garder un pouvoir de patronage important dans la seconde moitié du siècle.
Le mécénat du grand Condé fut l'un des rares à conserver un attrait puissant à l'heure
de la centralisation artistique voulue par Colbert. Cet ascendant s'explique par son
caractère éclaire et sa capacité à soutenir les talents ignorés ou refusés par la
censure. La protection des clients prit aussi un aspect défensif et s'exerça notamment
dans les domaines judiciaires et fiscaux. Dans le gouvernement de bourgogne, l'autorité
intacte des deux princes a permis le maintien de la tutelle quelque peu prédatrice
que Henri II de Bourbon avait imposée à ses administrés.
Note publique d'information : Henri II de Bourbon initiated a fundamental evolution in the position of his lineage
: the former rebel of Marie de Medicis's regency period became one of Richelieu's
supports. The prince modified his clientele and saw his fortune considerably increased
as well of his influence on the decisions of the monarchy. His son, the grand Conde,
intended to reinforce this potential during the following regency time. But he was
confronted to Mazarin's rival pretensions, the cardinal being eager to establish his
own authority in the realm. This opposition changed into a mere struggle which determined
the prince and his relatives to rejoin the frondeurs, nevertheless former enemies
of his house. In short, the condean party was an instable and incongruous medley,
which was rapidly dissolved. However, after seven years spent in the spanish army,
the grand Conde renewed his ties with his father's network. This continuity was based
upon self-reproduction and exclusive recruitment. The clients wanted to preserve and
transmit such a profitable tradition of service. The prince and his son Henri-Jules
remained very powerful, thanks to this patronage, until the end of the seventeenth
century. During Colbert's policy of artistic centralization the grand Conde was still
a very attractive patron of the arts, being open-minded and an active support for
censored authors. He also protected his clients by defending them from judiciary and
fiscal implications. In the government of burgundy, he kept diverting the tax flows,
which proves his untouched ability in being a smart broker of the absolute state.