Note publique d'information : Ce dictionnaire correspond au volume VI de la collection "Les patrons du Second Empire",
dirigée par Dominique Barjot. Il marque une nouvelle avancée de l'enquête engagée
par l'Institut d'Histoire moderne et contemporaine du CNRS. Il ne se veut pas une
nomenclature de fiches austères et sèches ! C'est au contraire le rassemblement d'une
soixantaine de monographies substantielles de familles, de patrons et de leur entreprise.
Cela permet une évocation assez fouillée de la vie économique des rives de la Gironde
pendant des décennies clés : c'est l'époque en effet où les cahots et parfois, mais
juste pendant quelques trimestres, la suspension de l'expansion provoquée par les
troubles militaires et politiques de la période révolutionnaire et bonapartiste sont
nettement effacés. Après le vif renouveau des années 1820/1830, les années 1840/1880
marquent une nouvelle "Belle Epoque" pour le port bordelais. Cependant, comme l'histoire
économique et plus particulièrement celle des entreprises, la "business history",
peuvent sembler rébarbatives, ce Dictionnaire offre au lecteur curieux du destin des
hommes une occasion de participer à une histoire "incarnée" : les événements, les
mutations de l'économie, l'enrichissement du capitalisme de la place, sont mis en
scène par les "héros" de l'économie, les capitalistes, les patrons "entrepreneurs",
ceux qui prennent les initiatives d'investir en usines, en navires, en réseaux commerciaux,
ceux qui mobilisent et rénovent les savoir-faire des marchands, des banquiers ou des
industriels. Le champ de l'investigation est surtout bordelais et girondin, mais ce
dictionnaire mène quelques incursions dans les Landes et dans le Périgord, qui ont
participé alors à la Première Révolution industrielle sidérurgique et qui méritaient
donc d'apparaître ici. Ce dictionnaire ne peut passer pour un ouvrage régionaliste
destiné aux seuls "érudits locaux" ; en effet, il s'inscrit d'abord dans une enquête
nationale et une collection, ce qui permet des comparaisons interrégionales ; et,
surtout, chaque monographie s'ouvre sans cesse à des réflexions sur les positions,
les parts de marché, occupées par la famille et son entreprise au niveau national,
avec une appréciation de son "retard" ou de ses "archaïsmes" ou au contraire de ses
initiatives pionnières. Comme d'ailleurs le port de Bordeaux à cette époque, ce Dictionnaire
est largement ouvert aux vents de l'histoire nationale et surtout internationale !