Note publique d'information : Les néoplasies neuroendocrines (NEN) représentent un ensemble de tumeurs rares et
hétérogènes caractérisées par une évolution relativement indolente. Ces particularités
doivent être prises en compte lors des décisions thérapeutiques chez le sujet âgé,
possiblement fragilisé avec de potentielles comorbidités. L'objectif de notre étude
est une analyse descriptive des patients âgés de plus de 70 ans, porteurs de NEN pris
en charge de façon conjointe par les équipes d'oncologie et de gériatrie. Tous les
patients consécutifs de plus de 70 ans porteurs d'une NEN bénéficiant d'une évaluation
oncologique et gériatrique (échelles utilisées : CIRSG, ADL, IADL, MOCA, MMS, PS,
GDS, MNA) conjointes tous les 6 mois pendant 2 ans, ont été inclus. À l'inclusion,
73 patients ont été évalués. Un tiers de la population présentait au moins un syndrome
gériatrique, principalement des comorbidités et une atteinte de l'autonomie. A 2 ans
de suivi, il n'a pas été mis en évidence d'aggravation significative de tous les paramètres
gériatriques. La majorité des patients (n=21, 78%) ont reçu un traitement, principalement
des analogues de la Somatostatine (n=15, 56%) et de la chimiothérapie (n=2, 7%). 22%
des patients ont bénéficié d'une surveillance active. Aucun traitement n'a été arrêté
pour toxicité, mais 2 (10%) ont dû être adaptés. Sept (26%) patients présentaient
une maladie progressive et 20 (74%) une stabilité tumorale. La médiane de survie globale
pour les NEN métastatiques était de 56,2 mois [IC95%: 34- NA]. La survie à 5 ans était
de 46% [IC95%: 32-6]. La survie globale était statistiquement moins bonne en cas de
grade OMS G3 (p=0,05). Aucun autre critère oncologique ou gériatrique, notamment l'âge
ou les comorbidités, n'a montré d'influence significative sur la survie globale. A
la fin de l'étude, 24 patients étaient décédés. Les causes de décès étaient : la maladie
tumorale (n=16), les comorbidités (n=1), la iatrogénie (n=1) et inconnue (n=6). La
population de sujets âgés représente une population fragile, présentant de nombreuses
comorbidités. Néanmoins l'utilisation des traitements standards reste possible, sans
dégradation systématique des paramètres gériatriques et cela d'autant plus que la
cause principale de décès reste la maladie tumorale, encourageant à traiter ces patients