Identifiant pérenne de la notice : 232438323
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Lorsque la RENAMO (Résistance nationale mozambicaine) effectue ses premières opérations
de guérilla sur le territoire mozambicain, en 1977, elle n'est qu'un groupe mercenaire
à la disposition de la bourgeoisie coloniale rhodésienne. Une dizaine d'année plus
tard, si elle bénéficie encore de soutiens logistiques et financiers extérieurs décisifs
(Afrique du Sud), elle a changé de nature : la RENAMO est devenue un corps social
armé profondément enkysté dans le tissu social mozambicain en zone rurale. Dénué de
projet politique, ce "corps militaire" est néanmoins parvenu à soustraire une partie
de populations rurales au contrôle de l'État, à les dresser contre lui, puis à se
reproduire et à se développer au sein de la situation de guerre ainsi créée sur l'ensemble
du territoire mozambicain. D'où provient le ressentiment rural à l'endroit du pouvoir
? Comment s'effectue, sur le terrain, le passage de la paix à la guerre ? Comment
fonctionne le corps social armé qui s'en nourrit ? Comment subsistent, socialement
et matériellement, les populations civiles désarmées dont deux forces rivales se disputent
le contrôle ? A quelles exigences répondent l'usage systématique de la terreur et
les massacres massifs de populations par la RENAMO ? A toutes ces questions, C. Geffray
répond en exposant les résultats d'une enquête exceptionnelle effectuée en 1988, en
zone de guerre. Il applique ainsi les méthodes de l'anthropologie sociale à un objet
demeuré jusqu'à présent largement étranger à cette discipline : les guerres contemporaines.
Christian GEFFRAY, né en 1954, est docteur de l'EHESS. Il a travaillé pendant trois
ans ua Département d'Anthropologie de l'Université E. Monlane au Mozambique, effectuant
plusieurs séjours dans le nord de ce pays à partir de 1983. Il est chercheur à l'ORSTOM
depuis 1988