Identifiant pérenne de la notice : 232442525
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : La 4e de couverture indique : "Marrakech a déjà mille ans lorsque le corps expéditionnaire
français y débarque en 1912. Délaissée par le commerce transsaharien, abandonnée des
bourgeoisies commerçantes et du pouvoir, elle semble figée dans sa monumentalité.
Sur ce qu’ils pensent être une terre sans maître, les militaires français projettent
leur désir utopique de jouir à la fois de la grandeur du passé et d’un hédonisme esthétisé
d’exotisme. Ils trouvent auprès des touristes et « villégiateurs » européens des alliés
complaisants. Avec un palace, un casino et un terrain de golf, la Marrakech coloniale
est inventée. Cent ans après, on y compte près de soixante-dix hôtels de luxe et trois
cents de moindre qualité, deux mille chambres d’hôtes en médina, une douzaine de terrains
de golf et un festival du cinéma. Ce livre enlevé, fruit d’enquêtes au long cours,
est d’abord le récit généalogique de cette énigmatique montée en puissance qui est
aussi la réinvention permanente d’une fantasmagorie sur fond d’orientalisme. Il propose
ainsi une description fine des dispositifs d’acteurs qui l’ont fait vivre hier et
de ceux qui l’assurent aujourd’hui. Mais l’auteur entend aussi questionner les fondements
économiques et sociaux de cette industrie des futilités dont le tourisme participe.
Presque à son insu, Marrakech est un de ces lieux où le néolibéralisme s’enchante
de son efficacité : un « souk des possibles », offrant l’illusion d’y trouver les
conditions d’un recommencement. Pourtant, ne serait-ce pas aussi de ces expériences
que naît quelque chose d’une ville et d’une urbanité ?"