Note publique d'information : Introduction : la fonction thérapeutique du travail en psychiatrie est reconnue depuis
de nombreuses décennies. La reconnaissance du handicap d’origine psychique a permis
le développement de diverses pratiques de soutien et d’accompagnement vers l’emploi.
Toutefois, la recherche en santé mentale inclut rarement la question des bénéfices
apportés par l’exercice d’une activité professionnelle. Matériels et méthodes : la
population de cette étude concerne 63 personnes en situation de handicap psychique
travaillant au sein de l’établissement et service d’aide par le travail (ESAT) des
Bords de Loire depuis plus de deux ans et suivis par des médecins ou psychologues
au Centre de Santé Mentale Angevin (CESAME). La consommation de soins est évaluée
sur 4 ans au total : deux ans avant l’entrée à l’ESAT et deux ans après. Pour dégager
des résultats véritablement significatifs, la variable « ambulatoire » est exclue
pour ne garder que la variable « hospitalière » (en nombre de jours d’hospitalisation
temps plein (HTP)). Résultats : deux sous-populations ont pu être distinguées compte
tenu de leur niveau de consommation de soins d’hospitalisation : les « faibles consommateurs
» (48 personnes) et les « forts consommateurs » (15 personnes). Pour 43 des « faibles
consommateurs », l’activité professionnelle ne semble pas modifier l’état de santé.
Pour 14 des « forts consommateurs », la consommation de soins est divisée par 4. Il
semble donc qu’exercer une activité professionnelle pour ces personnes procure un
bénéfice sur la consommation de soins avec une diminution notable du nombre de jours
d’HTP. Le travail en ESAT semble donc avoir un effet positif car non seulement il
stabilise l’état de santé mais aussi contribue à son amélioration. Conclusion : le
travail conforte et son accès doit être recommandé et accompagné pour les personnes
en situation de handicap. Il constitue un socle pour le rétablissement, il diminue
le besoin de soins, d’assistance et est vecteur d’autonomie. Mais le parcours de ces
personnes n’est pas simple et nécessite que l’on revoie nos organisations et nos dynamiques
collectives pour favoriser leur inclusion sociale et leur participation à la vie citoyenne.
Note publique d'information : Introduction : in psychiatry, the therapeutic function of work has been recognized
for many decades. The recognition of psychic handicap has permitted to develop various
practices to support and accompany people who want to work. However, research in mental
health seldom includes the question of the benefit brought by having a job. Materials
and methods : the population in this thesis represents 63 people showing psychic handicap
who have been working within an ESAT (l’établissement et service d’aide par le travail
des bords de Loire) for more than two years. They are assisted by doctors or psychologists
at the CESAME (Centre de Santé Mentale Angevin). The consumption of care is analysed
over 4 years : two years before the entry at the ESAT and two years after. To release
significant results, the “ambulatory” variable is excluded to only keep the “hospital”
variable (the number of full-time days of hospitalization (HTP)). Results : two subpopulations
have been distinguished taking into account their level of hospital care consumption
: “small consumers” (48 people) and “large consumers” (15 people). For 43 of the “small
consumers”, having a job does not seem to modify the health status. For 14 of the
“large consumers”, the consumption of care is divided by 4. It thus seems that having
a job for these people represents a benefit on care consumption with an important
reduction of HTP. Working in an ESAT thus seems to have a positive effect not only
because it stabilizes the health status but also because it contributes to its improvement.
Conclusion : working consolidates people health status and for disabled people, its
access must be recommended and accompanied. It represents a base for re-establishment,
it decreases the need for care, assistance and it is a vector of autonomy. But these
people’s working life is not simple and requires that our organizations be reconsidered
to support their social inclusion and their participation in civic life.