Note publique d'information : Introduction : la mortalité des intoxications graves en réanimation est très faible,
son épidémiologie est bien connue. Déterminer une population à risque de décès par
intoxication est une préoccupation de santé publique. Les populations d’intoxiqués
étudiées dans la littérature sont hétérogènes car elles portent sur des populations
de patients décédés ou vivants, inclus par les centres anti-poisons ou les services
de réanimation. Il s’agit de déterminer l’épidémiologie des décès par intoxication
survenus en pré-hospitalier. Matériel & méthode : cette étude est une étude épidémiologique,
descriptive, rétrospective, monocentrique, sur des patients décédés vus par un médecin
légiste du CHU d’Angers de mai 2013 à avril 2016. Les patients décédés d’une cause
traumatique, naturelle et/ou en milieu hospitalier étaient exclus. Un second tri était
effectué à partir des résultats des analyses toxicologiques excluant les patients
qui ne présentaient pas de cause toxique au décès. Pour chaque patient, des données
démographiques, contextuelles, médicales et toxicologiques étaient recueillies. Les
décès ont été considérés d’origine toxique certaine (66%), probable (22%) ou possible
(12%) en fonction du contexte et de l’analyse toxicologique. Résultats : ainsi, 976
patients étaient éligibles, 876 patients ont été exclus après tris successifs, 100
patients ont été inclus dans l’étude. Il s’agissait principalement d’hommes (58%),
de décès au domicile (73%), de suicides (44%), de poly-intoxications (70%). L’âge
médian était de 48 ans |38 – 56], incluant peu d’enfants et de personnes âgées. Les
troubles psychiatriques étaient plus fréquents que dans la population générale avec
une majorité de troubles addictifs (49%) et de syndromes dépressifs (38%). Soixante-seize
toxiques différents ont été recensés et classés dans 10 groupes Les toxiques impliqués
étaient les benzodiazépines (42%), les opiacés (42%), l’alcool (39%), les autres psychotropes
(26%) et les fumées d’incendie (19%). Conclusion : les toxiques impliqués sont semblables
à ceux décrits dans la littérature : principalement des benzodiazépines. La prévalence
des troubles psychiatriques est élevée, en particulier les syndromes dépressifs et
les addictions.
Note publique d'information : Context : mortality of severe intoxications in Intensive Care Unit has been extensively
described and is very low. However, describing the epidemiology of intoxicated patients
admitted to the hospital does not allow to capture the deaths occurring at home. These
deaths may represent a real concern and little data have been published. Materiel
and methods : this study is an epidemiologic, descriptive, retrospective, single center
study. All deceased patients evaluated by a forensic physician of the Angers University
Hospital between may 2013 and april 2016 were considered. Patients who died from a
traumatic cause, natural cause and/or in hospital, and in whom toxicological testing
were negative were excluded. All remaining patients were included for analyses. Demographic,
contextual, medical and toxicological data was collected. Patients were sorted into
three categories according to medical history and toxicological analyses : certain
toxic cause (¬¬66%), probable toxic cause (22%) and possible toxic cause (12%). Results
: from the 976 patients initially considered, 100 patients were included in this study
(men 58%). Death occurred in the place of residence in 73%, suicides were 44%, and
intoxication involved multiple-drugs in 70%. Median age was 48 [38 – 56] years. Psychiatric
disorders were more frequent than in the general population with a majority of addictive
disorders (49%) and depression (38%). Seventy-six different poisons were found and
classified in 10 groups. Involved poisons were benzodiazepines (42%), opiates (42%),
alcohol (39%), others psychotropics (26%) and smokes of fire (19%). Conclusion : involved
poisons are similar to those described in the literature : mainly benzodiazepines.
Prevalence of the psychiatric disorders is high, in particular addictive disorders
and depression.