Note publique d'information : En avril 2016, les médecins généralistes installés dans la Somme (80) ont été sollicités
pour devenir les principaux investigateurs d'une expérimentation sur le dépistage
du cancer du poumon par le scanner faiblement irradiant. Le but de notre étude était
d'identifier d'éventuels facteurs prédictifs de participation à cette expérimentation
de dépistage. C'est pourquoi nous avons réalisé une enquête rétrospective auprès des
545 médecins qui ont été contactés par ADEMA. Un questionnaire unique a été envoyé
à tous les MG concernés pour le recueil des données. Après retour de ces derniers,
nous avons constitué deux groupes : un premier formé de médecins ayant participé (MP)
et un deuxième constitué de médecins n'ayant pas participé (MNP). Nous avons réalisé
des analyses univariées sur les variables d'intérêts. Puis nous avons effectué une
analyse multivariée, à l'aide d'un modèle de régression logistique, à partir de variables
statistiquement significatives issues des analyses univariées (p-value inférieur ou
égal à 0.2). Au total, nous avons reçu 206 questionnaires interprétables. Notre cohorte
comportait 55% de MP contre 45% de MNP. 70% des médecins interrogés, déclaraient pratiquer
un dépistage individuel du CP avant l'organisation de cette expérimentation. Après
analyses univariées, les variables suivantes sont ressorties statistiquement significatives
: l'âge, la durée et le mode d'exercice, le fait que le médecin soit fumeur, qu'il
prescrive des substituts nicotiniques, qu'il suive des patients atteints de CP et
qu'il organise un rappel de mammographie. Après analyses multivariées, les MG fumeurs
ou le fait de prescrire des substituts nicotiniques restaient statistiquement significatifs
avec respectivement un OR égal à 1,546 (IC 95% [1,057-2,304], p= 0,028) et 2,032 (IC
95% [1,215-3,480], p= 0,008). En conclusion, être soi-même fumeur ou le fait de prescrire
des substituts nicotiniques sont associés à une plus forte participation pour le dépistage
du CP.