Note publique d'information : Le microchimérisme (Mc) foetal est retrouvé fréquemment dans le sang périphérique,
les organes solides (les reins, le coeur, les poumons) mais également la moelle osseuse
et les ganglions de la femme en bonne santé, plusieurs années après la grossesse.
Il est le reliquat d’un passage physiologique de cellules d’origine maternelle vers
le foetus et vice-versa. Ce Mc foetal persistant a été incriminé dans la pathogénie
de certaines maladies auto-immunes, mais on lui attribue également un rôle réparateur
tissulaire. Première partie : devant les différences liées au sexe dans la survenue
de la maladie rénale, mais également dans son évolution plus fréquente et plus rapide
chez l’homme vers la dialyse, nous avons voulu analyser un éventuel rôle protecteur
du microchimérisme acquis après grossesse chez les femmes en insuffisance rénale chronique
terminale (IRCT) avant transplantation rénale. Nous avons étudié la prévalence de
la présence de l’ADN mâle dans le sang périphérique, à l’aide d’une méthode de PCR
quantitative, chez 55 patientes en IRCT et dans l’attente d’une première transplantation
rénale et comparé les résultats à ceux d’une population de 72 femmes contrôles. Nous
avons également quantifié le Mc dans le sang périphérique chez 8 patientes après
transplantation rénale et précédemment étudiées pendant l’IRCT. Les patientes IRCT
sont, de façon significative, plus fréquemment microchimériques (62%) et à plus haut
niveau (98 génomes équivalents par million (gEq/M)) que les femmes contrôles (17%
et 0,3 gEq/M, p=0,0005). Finalement, quelques années après la transplantation rénale,
le Mc a totalement disparu chez toutes les femmes sauf une. Plusieurs scenarii sont
possibles, expliquant ces résultats. Il se peut que les cellules fœtales soient recrutées
et prolifèrent chez les patientes en IRCT sous l’influence de facteurs inflammatoires
systémiques et locaux, jouant un rôle dans la réparation tissulaire, expliquant en
partie la dégradation plus lente de la fonction rénale chez la femme. Seconde partie
: nous nous sommes demandé si le maintien des anticorps anti-HLA et anti-MICA au long
cours ne pouvait être expliqué par la persistance de cellules fœtales chez la patiente
IRCT en attente de transplantation rénale. En effet, les modes d’acquisition de ces
2 phénomènes sont similaires. Pour répondre à cette question, nous avons testé par
une technique de PCR nichée SRY puis par PCR quantitative DYS14 2 groupes de patientes
IRCT, immunisées ou non dans le système HLA. Par PCR quantitative, nous ne retrouvons
pas de lien entre la présence d’anticorps et celle d’ADN mâle mais le niveau de Mc
semble influencer le PRA classe I et II, de même que la production d’anticorps anti-MICA.
Note publique d'information : Fetal microchimerism (Mc) is the presence of a small amount of fetal cells or DNA
in the mother’s circulation. This is a common sequel of pregnancy in any gravid woman
and can persist decades after delivery. First part : Better prognosis in women with
end stage renal diseases (ESRD) compared to men, triggered us to analyze the potential
“protective” role of microchimerism acquired after pregnancy in women before kidney
transplantation. We studied the prevalence of male DNA in PBMC, by quantitative PCR
method, in 55 women with ESRD prior to their first kidney transplantation and 82 healthy
women as controls. Male Mc was also quantified in 5 native kidney biopsies obtained
prior to blood testing and in PBMC from 8 women collected after female kidney transplantation.
Women with ESRD showed statistically higher frequencies (72%) and quantities (98 genome
equivalent per million, gEq/M) of male Mc in their PBMC than healthy women (27% and
0.3 gEq/M, p<0.0005). Moreover, 3 out of 5 renal biopsies contained Mc in small quantities.
Finally, few years after kidney transplantation, Mc was totally cleared from PBMC
in all women tested but one. As a possible scenario, fetal cells might be recruited
and proliferate in women with ESRD under inflammatory factors and then play a role
in tissue repair, explaining in part the better prognosis of women in disease progression.
Further studies are needed to elucidate mechanisms of recruitment and persistence
of Mc in ESRD women. Second part: Microchimerism (male), Human Leucocyte Antigen (HLA)
antibodies (Ab), and major-histocompatibility-complex class I-related chain A (MICA)
Ab in peripheral blood may occur after pregnancy and/or transfusion and/or allotransplantation.
We questioned about a potential relationship between these three phenomena. We enrolled
46 women, selected in accordance to anti-HLA immunization, previously pregnant and/or
transfused and wait-listed for a first kidney graft. Pretransplant HLA-Ab were present
in 24/46 (52%) and anti-MICA Ab in 6/46 (13%). Microchimerism was detected by the
presence of Y chromosome DNA using a specific nested-PCR SRY and a quantitative PCR
DYS14 method. We have not found a significant association between male microchimerism
and HLA-Ab positivity but the level of Mc seems to influence the range of PRA class
I and II and MICA Ab production. microchimerism and HLA-Ab production are two co-existing
phenomena and not exclusive in women with end-stage renal failure awaiting a first
kidney transplantation. More specific techniques shoud be used to determine the target
specificity of both mechanisms and to be able to answer an unresolved important question:
could the specific epitope(s) be identical?