Note publique d'information : Les buts de ce travail étaient de mesurer à l'aide d'une méthode d'incubation in situ
la minéralisation de l'azote, la nitrification et les prélèvements, et de déterminer
les paramètres régissant leurs variations. L’étude a été menée pendant 4 ans à Aubure
(Vosges) et à Vauxrenard (Beaujolais). À Aubure, la minéralisation est plus élevée
dans une hêtraie de 150 ans (h150, 188 kg/ha/an) que dans 2 pessières de 90 (e90)
et 45 ans (e45) (126 et 67 kg/ha/an). La nitrification atteint 65 à 75% de la minéralisation
en h150 et e90, mais est inhibée en e45. À Vauxrenard, dans 3 peuplements de douglas
de 20, 40 et 60 ans, la minéralisation est élevée (130-220 kg/ha/an) et indépendante
de l’âge des peuplements. La nitrification atteint 85% de la minéralisation. Dans
les deux sites, la minéralisation est contrôlée essentiellement par la température.
À Vauxrenard, la minéralisation élevée est due au changement d'essence et la nitrification
au passe agricole. La stimulation de la nitrification dans d'anciens sols agricoles
actuellement boisés en résineux a été confirmée au laboratoire. L’inhibition de la
nitrification en e45 à Aubure peut donc être due à un passé agricole diffèrent de
celui de e90 ou a un effet âge. À Aubure, en e45 et h150, l'azote minéral disponible
est entièrement utilisé, limitant les pertes par drainage, l'acidification et l'appauvrissement.
En e90, l'azote disponible est excédentaire. Le surplus étant drainé, le sol s'appauvrit
en cations alcalins et alcalino-terreux. À Vauxrenard, les pertes sont encore plus
importantes, malgré des prélèvements élevés. Dans les deux sites, l'essentiel des
prélèvements est utilisé par la biomasse radiculaire, sauf en e45. L’incorporation
d'éléments minéraux dans la biomasse aérienne est limitée. Il est cependant nécessaire
d'envisager une exploitation limitant les pertes en éléments, par exemple en récoltant
uniquement le tronc et en privilégiant des révolutions longues permettant au système
de se rééquilibrer.