Identifiant pérenne de la notice : 247835811
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Les études récentes et les témoignages sur les coptes d'Egypte, qu'ils soient récents
ou plus anciens, mettent en évidence la présence d'une structure à l'oeuvre au sein
de la communauté dans la longue durée, que l'on peut nommer structure de l'intercession
ou structure miraculaire. Cette structure est composée de trois éléments qui recouvrent
des acteurs spécifiques : le fidèle demandeur de miracle, le saint qui opère le miracle,
la communauté qui confirme l'avènement du miracle. L'historiographie contemporaine
considère que ce recours massif des coptes à leurs saints et aux miracles de ces derniers
constitue un trait de longue durée, une sorte de caractère naturel des coptes, reprenant
par là en partie, discours comunautaire sur la question, qui affirme qu'il s'agit
là d'une ±traditionα. L'approche historique de la structure de l'intercession au cours
du patriarcat de Cyrille VI (1959-1971), considéré comme saint de son vivant, met
toutefois en évidence les ruptures et les évolutions dont le miraculaire est l'objet
au cours des années soixante, la plus importante étant sa mise en représentation massive
à travers des supports profanes, comme les journaux ou la radio. La rencontre du registre
du miraculaire avec l'imprimerie et, plus tard, avec les médias, c'est-à-dire avec
la modernité, modifie les mécanismes de l'intercession et le rôle que jouent les saints
dans la communauté. L'examen des sources met en évidence la construction d'un discours
qui reflète les angoisses de la communauté copte en tant que minorité chrétienne dans
un pays peuplé à plus 90% de musulmans. Ce discours, qui s'élabore tout au long de
la décennie à travers la mise en représentation de la sainteté et plus particulièrement
de la sainteté du patriarche Cyrille VI, se constitue en tant qu'instrument symbolique
et idéologique de survie d'un christianisme minoritaire en pays d'islam.