Note publique d'information : L'apparition de la Vierge et de Saint Jacques lors de la bataille du Cuzco en 1535
avait montré que dieu guidait les espagnols. Les miracles ne disparurent pas quand
la conquête fut achevée. Accomplis essentiellement dans le cadre des images mariales,
ils devinrent un véritable fait de société à partir des deux dernières décennies du
seizième siècle. Ces miracles répondaient à des objectifs purement humains tout comme
l'expansion ou la stagnation des cultes. Ces miracles s’inséraient, d'abord, dans
le cadre de la stratégie des religieux chrétiens désireux de convaincre les Indiens
en leur fournissant la preuve de visu de la vérité du message qu'ils diffusaient.
Cependant, les miracles ne touchèrent pas seulement les Indiens de la région. Les
Créoles les recherchaient également. En montrant que Marie avait choisi le Nouveau
Monde, et tout spécialement le Pérou, pour faire irruption dans la vie des hommes,
la pluie miraculeuse leur permettait de rejeter l'image négative dans laquelle les
espagnols de métropole, les Gaghupines, cherchaient à les enfermer. Ils pouvaient
donc revendiquer la place au sommet de la hiérarchie coloniale que ces derniers s'étaient
octroyés. Résultats de la collusion entre les habitants du Pérou, qui y trouvaient
leur propre intérêt, les autorités coloniales, car ils étaient facteurs de stabilité
sociale à une époque ou l'exploitation des mines l'exigeait, et les religieux désireux
de réussir leur stratégie d'évangélisation, ces miracles se transformèrent en pluie
miraculeuse.
Note publique d'information : The apparitions of the Holy Virgin and Saint Jacques during the battle of Cuzco in
1535 had demonstrated that should the need arise god was on the side of the spanish
army. Then the miracles continued and they mostly took place within the frame of the
images of the Holy Virgin, and they become a " fait de société " in the last two decades
of the 16th century. As a matter of fact the miracles corresponded to purely human
aims, in the same way as the cults exported or stagnated. First of all, such miracles
were part of the strategy of the Roman Catholic priests who wished to convince the
Indians of the truth of their message. Yet the Creoles were also interested. By showing
that the Holy Virgin had chosen the New World, and more specifically Peru, to intervene
in the lives of men, the miraculous rain enabled them to reject the negative live
image to which the native spaniards, the Gachupines, were triying to limit them. They
then could claim their place at the top of colonial hierarchy. The miracles, resulting
from the collusion between the inhabitants of Peru - as it was their interest - the
colonial authorities - who saw it them as a factor of social stability at a time when
mining demanded it - and the priest- who wanted to make their preachings-, the miracles
became a miraculous rain.