Identifiant pérenne de la notice : 247838845
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : La mise en place des synapses excitatrices est souvent décrite comme un phénomène
séquentiel dépendant de l’activité: les récepteurs NMDA apparaissent en premier, leur
activation produit l'insertion de récepteurs AMPA perméables au calcium qui sont finalement
remplacés par des récepteurs AMPA imperméables au calcium au cours de la maturation.
Nous nous sommes interrogés sur la pertinence de ce modèle pour deux structures :
le noyau du tractus solitaire (NTS) et le cervelet. Pour le cervelet, nous montrons
que les récepteurs NMDA synaptiques sont toujours absents alors que pour le NTS, ils
peuvent être présents dès les premières synapses. Dans les deux cas, la formation
des synapses excitatrices ne requiert pas l'activation des récepteurs NMDA. Par ailleurs,
les récepteurs AMPA sont toujours majoritairement formés par des sous-unités GluR2,
ce qui leur confère une perméabilité faible pour le calcium. Ainsi, la formation des
synapses excitatrices dans le NTS et le cervelet se distingue du modèle général. Ces
résultats posent la question de la nécessité de l’activité synaptique pour l’établissement
des premières synapses. A la naissance (P0), la moitié des réponses synaptiques excitatrices
dans le NTS sont portées uniquement par les récepteurs NMDA. Ces synapses pourraient
correspondre à des synapses silencieuses dépourvues de récepteurs AMPA. Leur nombre
diminue au cours de la maturation ce qui est cohérent avec la poursuite de la synaptogenèse
en période postnatale. L'analyse immunohistochimique montre que seulement 10 % des
synapses sont dépourvues de récepteurs AMPA à P0. L'analyse quantique de la transmission
synaptique montre que le blocage des faibles concentrations synaptiques de glutamate
augmente la variabilité des réponses NMDA. La modélisation mathématique de ce résultat
prédit une diminution du contenu quantique, c'est à dire une “ disparition ” des sites
synaptiques activés par la diffusion de glutamate en provenance de synapses voisines
(spillover). Ainsi, la majorité des synapses silencieuses dans le NTS serait due au
phénomène de spillover. De manière préliminaire, nous montrons que le phénomène de
dépression à long terme (DLT) est peu efficace à P0 et se développe pendant la première
semaine postnatale. En conclusion, l'ensemble des résultats suggère que la formation
des synapses excitatrices dans le NTS serait indépendante de l'activité afférente.
In utero, l'information viscérale ne serait donc pas nécessaire à la mise en place
des premiers réseaux végétatifs. Après la naissance, la mise en place de la DLT pourrait
participer à l'affinage de ces réseaux.