Note publique d'information : Ces dernières années, l'objectif de la lutte mondiale contre le paludisme n'est plus
l'éradication, mais le contrôle de la maladie. La chimiothérapie y joue un rôle très
important, réduisant la morbidité et la mortalité dans les pays tropicaux. Malheureusement,
le paludisme à Plasmodium falciparum (P.f.), regagne du terrain dans de nombreux pays,
du fait surtout de l'aptitude naturelle du parasite à développer une résistance aux
antipaludiques. Disposer de médicaments efficaces contre le parasite implique donc
d'une part de découvrir de nouveaux antipaludiques, et d'autre part de prévenir l'extension
des chimiorésistances par une utilisation rationnelle des antipaludiques. Ceci nous
a conduit, dans un premier temps à valider un nouveau modèle de souris immunodéficientes
infectées avec P.f. (P.f.-huRBC-BXN) destiné à l'étude de l'activité schizonticide
de nouvelles molécules. Pour ce faire, nous avons étudié chez ces souris, l'effet
schizonticide de la chloroquine, de la quinine, de la méfloquine et de la dihydroartémisinine,
ainsi que la corrélation qui existe entre les résultats obtenus et ceux décrits chez
l'homme pour ces antipaludiques. Les résultats obtenus montrent que ce modèle est
capable de déterminer l'activité schizonticide des antipaludiques et il devrait être
inclus à la liste, très courte, d'espèces animales pouvant être infectées par ce parasite.
L'avantage de pouvoir obtenir in vivo avec P.f chez des souris, des résultats corrélés
à ceux trouvés chez l'homme fait de ce modèle un instrument prédictif très utile.
Ceci fournira des informations essentielles, permettant une meilleure définition de
la stratégie thérapeutique plus rapidement et à moindre coût. Compte tenu de ces avantages,
ce modèle murin P.f.-huRBC-BXN devrait être capable de rendre les industriels moins
réticents vis-à-vis de la recherche de nouveaux antipaludiques. Dans un deuxième temps,
nous avons mis au point une nouvelle méthode (DELI) basée sur une technique en double
sandwich ELISA capable de détecter l'enzyme lactate dehydrogènase de P.ffà de faibles
densités parasitaires. Nous avons utilisé cette méthode pour la détermination du développement
du P.f. dans le microtest et ainsi déterminer la sensibilité in vitro de ce parasite
aux antipaludiques. Pour valider cette nouvelle technique, nous avons étudié la corrélation
entre les résultats obtenus dans le microtest en utilisant la méthode isotopique et
ceux obtenus par la méthode DELI en travaillant aussi bien avec de souches de laboratoire
qu'avec des isolats d'individus porteurs du parasite. Les avantages techniques de
ce nouveau microtest vont apporter plus de flexibilité dans la mise en place des études
épidémiologiques, offrant la possibilité de déterminer régulièrement la sensibilité
in vitro de P.f aux antipaludiques et d'établir ainsi un système de surveillance globale
de la résistance de ce parasite aux antipaludiques.
Note publique d'information : In endemic countries chemotherapy plays an important role in reducing the morbidity
and the mortality due infections with Plasmodium falciparum (P.f.). Unfortunately
the capacity of the parasite to evolve resistance to antimalarial drugs has also played
a significant role in the worsening malaria situation in many countries. Thus the
availability of effective drugs against the parasite requires not only the search
for new antimalarials, but also the rational use of current drugs so as to prevent
the selection and dissemination of drug resistance. We have initially validated a
new model, where Pf parasites multiply in human red blood cells circulating in immunodeficient
mice (P.f.-huRBC-BXN), aimed at the study of the schizantocidal activity of new drugs.
We found a close correlation between the antiparasite activity of current antimalarial
drugs observed in these mice and that previously observed in humans. Our results demonstrated
that this model, which should be included in the restricted list of animals species
where P.f. can multiply, can be used to establish the schizontocidal potential of
new molecules. We further developed a new colourimetric method, DELI, «here the P.f.'s
lactate dehydrogenase is targeted immunologically, and which is capable of detecting
low parasitic densities. This method has been adapted to determine the extend of parasite
development in in vitro antimalarial suscepbility assays (microtest). To validate
this DELI method, we established that there is a direct correlation between the results
obtained in the microtest using the isotopic method and those using the DELI method.
This was shown to be the case for both laboratory fines and for field isolates of
P.f.. The DELI when associated with the microtest makes it possible to establish a
practicable and effective system of global monitoring of in vitro drug resistance
of P. falciparurn parasites.