Note publique d'information : Cette étude porte sur les procédés techniques à l’origine de figurines en terre cuite.
Le corpus : une cinquantaine de pièces, a été découvert dans un contexte néolithique
du secteur d’Achakar, au Nord-ouest du Maroc et constitue un matériel encore inédit
dans la préhistoire récente nord-africaine. Le Néolithique d’Achakar (Gilman 1975),
du nom du cap, est connu dans les nombreux sites du secteur, depuis les premiers travaux
français et les fouilles américaines du Peabody Muséum et l’Université de Harvard.
L’étude porte sur les questions de composition, de provenance et les températures
de cuisson. Deux missions de terrain, en mai et novembre 2004, ont livré trois matières
premières potentielles, trois matériaux argileux prélevés dans les périmètres proche
et moyen du Cap. Ces trois matériaux ont été testés à différentes cuissons et les
transformations intervenues ont été enregistrées en fonction de la montée en température.
Les compositions minéralogiques ont été déterminées par spectroscopie infrarouge à
transformée de Fourier (IRTF) et par diffraction aux rayons X (DRX). La combinaison
des deux méthodes confirme l’utilisation de matières premières locales enrichies en
sable: une argile “s. l.” et un sédiment argileux sableux, comme semble l’indiquer
l’environnement géologique du Cap. L’IRTF s’est montrée très performante pour déterminer,
à partir des échantillons archéologiques (1) les compositions minéralogiques, en termes
de constituants majeurs et (2) les températures atteintes: environ 800°C pour l’ensemble
des éléments du corpus analysés. Ce seuil est cohérent avec l’ajout d’un dégraissant
siliceux. Des analyses complémentaires ont porté sur le matériel céramique utilitaire/funéraire
et semblent confirmer que les mêmes critères de choix ont été retenus. Des différences
apparaissent toutefois en ce qui concerne les paliers de cuisson et seraient à mettre
en relation avec l’utilisation de la calcite comme dégraissant. Par ailleurs, déjà
soulignée par Maniatis et al, la combinaison IRTF/DRX a livré un véritable thermomètre
minéralogique particulièrement utile lorsque s’est posé le problème de prélèvement
sur des pièces d’ « art mobilier ». L’IRTF permet sur des petites quantités d’échantillon
un très bon suivi de la déshydroxylation des phyllosilicates. Ce processus directement
impliqué dans les procédés céramiques tient compte d’autres paramètres : l’atmosphère,
la durée et la cinétique de la cuisson ainsi que des conditions taphonomiques ; nous
proposons les apports du MEB et ceux des tests de cuisson expérimentales.
Note publique d'information : This study deals with ceramic technology involved in a production of prehistoric baked
clayey figurines. The corpus: fifty artefacts, was excavated from a Neolithic context
in Achakar’s district, north-western Morocco and is still seen as exceptional in North
Africa late prehistory. The autochthonous named Achakar Neolithic (Gilman 1975) is
well known from several sites since the French Protectorate, the Peabody Museum and
Harvard University surveys and excavations. Make-up, clay provenance and heating temperatures
are here far concerned. Prospections, in May and November 2004, gave three potential
raw materials located in the near- and middle- surroundings of the cave. These three
‘candidates’ were tested at different firing temperatures and the occurring transformations
were recorded regarding the heating kinetic. Combined Fourier Transform Infrared spectroscopy
(FTIR) and X-ray diffraction (XRD) analysis attest local raw materials use: one “s.
l.” clay and a rather sandy or sand-enriched clayey sediment, as displayed by the
geological background of the cape. FTIR is particularly useful to study the phyllosilicates
dehydroxylation process under thermal treatment i.e. ceramic technology. It provides
good mineralogical characterisation in terms of major components and showed its performance
in assessing the figurines’ firing temperatures: on average 800°C; this threshold
being coherent and related with siliceous temper use. Complementary mineralogical
analyses were carried out on some Neolithic utilitarian/funerary ceramics from the
site. Preliminary data seem to show that similar criterions were performing (i.e.
use of sandy raw materials), that calcite was used in some cases as temper, while
some differences were noticed on firing temperatures. Already highlighted by Maniatis
et al (2002), the combination FTIR/XRD supplied a mineralogical ‘thermometer’ tool
despite the fact that sampling was limited on these art mobilier artefacts. Both
SEM and replication experiments helped to understand the as-received state of archaeological
ceramics and to provide constraints on redox atmosphere, residence time, heating kinetics
and post-depositional interference.