Note publique d'information : Les patients atteints de maladie auto-immune systémique (MAI) partagent les risques
de poussée systémique, d'insuffisances chroniques d'organes, et de complications du
traitement immunosuppresseur, susceptibles de mener à un état critique. La présente
étude vise à décrire leurs caractéristiques ainsi que leur pronostic en contexte réanimatoire,
et au sortir de la réanimation. Etude descriptive, rétrospective et multicentrique,
intéressant les patients atteints de MAI hospitalisés entre 2011 et 2015 dans 10 services
de réanimation et soins continus des Hospices Civils de Lyon et présentant une défaillance
d'organe. 271 patients ont été inclus (93 hommes pour 178 femmes, âge moyen : 61,4
ans). La répartition des différentes MAI était : Lupus érythémateux systémique 23,2%,
vascularite 10,7%, Sclérodermie systémique 8,9%, myosite auto-immune 6,3%, autres
connectivites (Polyarthrite rhumatoïde, Syndrome de Sjögren, connectivite mixte) 50,9%.
Les défaillances d'organe présentes à l'admission étaient : un état de choc (43,5%),
une insuffisance rénale aiguë sévère (30,5%), une insuffisance respiratoire aiguë
sévère (23,2%). Les mécanismes responsables de ces défaillances étaient un sepsis
(61,6%), un événement cardiovasculaire (33,9%), une poussée de la MAI (32,8%), une
décompensation de comorbidité (28,0%). Le décès est survenu en réanimation dans 14,3%
des cas. Les marqueurs indépendamment associés à la mortalité à court terme étaient
le score SOFA initial, un antécédent d'insuffisance cardiaque chronique, la nécessité
de ventilation mécanique invasive, et un mécanisme des défaillances d'organes initiales
non attribuable à un sepsis ou à une poussée de MAI. Chez les survivants à la réanimation,
11,2% sont décédés durant l'hospitalisation qui a suivi. La survie médiane était de
63,6 mois. Les facteurs indépendamment associés à la mortalité à long terme après
la sortie de réanimation étaient l'âge, l'index de comorbidité de Charlson, et un
mécanisme des défaillances d'organes initiales attribuable à un sepsis ou à une poussée
de MAI. Les caractéristiques de la MAI de manière générale n'impactaient pas significativement
le pronostic à court ni à long terme. Cette étude a été réalisée sur la deuxième plus
importante cohorte européenne de patients atteints de MAI admis en réanimation, avec
une durée de suivi la plus longue à notre connaissance. Elle permet de définir des
éléments importants pour la prise en charge de ces patients. Les infections sont la
cause la plus fréquente d'état critique. Les patients admis en réanimation en l'absence
de poussée de MAI ou de sepsis sont un sous-groupe à mauvais pronostic à court terme.
La mortalité réanimatoire des patients avec MAI est faible (14,3%), mais la mortalité
intra-hospitalière des patients sortis vivants de réanimation (11,2%) suppose de leur
porter une attention particulière après résolution de l'état critique. L'identification
des marqueurs de mauvais pronostic à long terme (comorbidités, admission en réanimation
pour sepsis ou poussée de MAI) est précieuse pour l'interniste, et devrait permettre
d'améliorer la prise en charge au long cours
Note publique d'information : Systemic rheumatic diseases (SRD) patients share the risks of severe acute multi-organ
flare-up, chronic organ failure, and complications of immunosuppressive treatments.
Such situations can lead to acute critical illness. The present study aims to describe
the clinical features of SRD patients needing intensive care unit (ICU) hospitalization,
ICU mortality and its determinants, and long-term prognosis of ICU-survivors. Multicentric
retrospective cohort study of patients presenting SRD and acute vital threat leading
to hospitalization in 10 French ICU wards in Lyon between 2011 & 2015. 271 patients
were included (93 men and 178 women, mean age 61.4 years). Repartition of SRD was:
23.2% Systemic Lupus Erythematosus, 10.7% vasculitis, 10.7% systemic sclerosis, 6.3%
inflammatory myositis, 50,9% other connectivitis (rheumatoid arthritis, Sjögren and
Sharp). Organ failures at admission were: shock (43.5%), acute kidney injury (30.5%),
and acute respiratory failure (23.2%). Pathophysiological mechanisms leading to organ
failures were sepsis in 61.6 % cases, cardiovascular events in 33.9%, SRD-flare up
in 32.8%, comorbidities decompensations in 28%. Thirty nine (14.3%) patients died
in ICU. Factors independently associated with short term mortality were SOFA score,
history of chronic cardiac failure, need for invasive mechanical ventilation and a
cause of admission different than sepsis or SRD flare-up. Among ICU-survivors, 11.2
% patients died during following hospitalization. Factors independently associated
with long term mortality after ICU discharge were Age, Charlson comorbidity index,
and a cause of initial ICU admission either related to sepsis or to SRD flare-up.
SRD characteristics did not impact short or long term prognosis. This is the second
largest cohort of SRD patients admitted to ICU, with the longest follow-up duration.
This study defines crucial elements for medical management of this population. Infections
are the most frequent cause of admission. Patients admitted in ICU for other reasons
than sepsis or SRD related-events show bad prognosis. ICU mortality is low (14.3%)
but hospital mortality of patients discharged alive from ICU is 11.2%, justifying
a special attention for clinicians that handle post-critical care. Identification
of markers of long term mortality (comorbidities, admission for sepsis or SRD-related
events) gives information that will be useful to the internist to improve long-term
management of these patients