Note publique d'information : L’Antigène Carcino-embryonnaire (ACE) et l'ADN circulant (total : ADNtot et tumoral
: ADNtc) sont considérés comme des outils prometteurs pour optimiser la prise en charge
des patients traités pour un cancer colorectal métastatique (CCRm). À ce jour, les
variations de ces marqueurs selon le protocole de traitement en première ligne (L1)
n'ont jamais été étudiées. L'objectif était d'évaluer les variations de l'ACE, de
l'ADNtot et de l'ADNtc selon l'intensité du protocole en L1 du CCRm. Patients et méthode
: Les patients traités en L1 dans 2 études multicentriques (COCACOLON et COCAMACS)
ont été inclus rétrospectivement et divisés en 4 groupes selon les schémas de chimiothérapie
(CT) et/ou de thérapie ciblée (TC) reçus : mono CT +/- TC ou TC seule (groupe 1 :
G1), Bi-CT (groupe 2 : G2), Bi-CT + TC (groupe 3 : G3) et Tri-CT +/- TC (groupe 4
: G4). Les variations moyennes de l'ACE, de l'ADNtot et de l'ADNtc ont été analysées
entre les 4 groupes selon 3 temps : premier cycle (C1), troisième ou quatrième cycle
(C3/C4) et scanner d’évaluation (M3). Le taux de patients avec une variation élevée
pronostique (≥75% pour l’ACE et ≥80% et ≥90% pour l’ADNtc) a été évalué. Résultats
: Au total, 206 patients ont été inclus, respectivement 27 dans le G1, 56 dans le
G2, 95 dans le G3 et 28 dans le G4. L’ACE variait de manière significative entre C1
et C3/C4 selon l'intensité du traitement avec une variation moyenne respectivement
de +28%, -25%, -29% et - 43% entre les 4 groupes (G1 vs G2, p=0,006 ; G1 vs G3, p=0,003
et G1 vs G4, p=0,003). Ces variations étaient plus prononcées et significatives entre
C1 et M3, respectivement de +18%, - 37%, -39% et -65%. Pour l'ADNtc, la même tendance
significative a été observée entre C1 et M3 avec des variations moyennes de -67%,
-40%, -82% et -95%, respectivement (G2 vs G3, p=0,04 et G1 vs G4, p=0,0013). Il n’a
pas été mis en évidence de variation pertinente pour l'ADNtot. Concernant l’utilisation
du bevacizumab (BV) vs anti-EGFR, il existait une diminution plus importante de l’ACE
avec le BV entre C1 et M3 (respectivement -72% vs - 31%, NS), sans différence pour
l'ADNtc. Enfin, le taux de patients avec une variation élevée d’ADNtc ≥ 80% ou ≥ 90%
entre C1 et M3 augmentait en fonction de l’intensité du traitement (p=0,005 et p=0,05,
respectivement). Conclusion : Nos résultats suggèrent que les variations moyennes
d’ACE et d’ADNtc au cours des 3 premiers mois en L1 sont différentes selon l'intensité
du protocole de traitement. À notre connaissance, ces résultats n’ont pas été rapportés
et soulignent l’intérêt d’études supplémentaires sur de nouvelles stratégies basées
sur les variations d’ACE et d’ADNtc.