Note publique d'information : Depuis Darwin, l’existence de la reproduction coopérative demeure un défi pour la
biologie évolutive. La première proposition avancée pour expliquer les comportements
d’aide des auxiliaires dans des groupes pratiquant la reproduction coopérative a été
la sélection de parentèle. Elle est toujours l’hypothèse la plus plebiscitée de nos
jours. Malgré tout, cette théorie ne parvient pas à expliquer comment les comportements
d’aide ont été sélectionnés lorsque le niveau de parenté entre les individus concernés
est faible. Trois autres théories ont été proposées pour comprendre la reproduction
coopérative. L’une de ces théories est l’hypothèse de l’augmentation de groupe. Elle
postule que les comportements d’aide qui augmentent la taille du groupe sont sélectionnés
grâce à l’accroissement des bénéfices conférés par la vie au sein du groupe. Bien
que la capacité de cette théorie à participer à l’émergence et la stabilisation de
la coopération ait été démontrée sur le plan théorique, il manque toujours des preuves
empiriques. Dans cette étude, nous avons cherché à tester l’influence de l’augmentation
de groupe « active » chez un cichlidé, Neolamprologus pulcher. Cette forme d’augmentation
de groupe est basée sur les bénéfices réciproques à long terme de la vie en groupe
reçus par un auxiliaire. Ces bénéfices sont dépendants des chances d’héritage du territoire
de l’auxiliaire. L’hypothèse sous-jacente prédit que le niveau d’aide fourni par un
auxiliaire augmente avec ses chances d’hériter le territoire. Chez N. pulcher, la
probabilité d’héritage du territoire par les femelles est fortement dépendante du
rang. Pour mettre à l’épreuve cette prédiction, le rang de onze auxiliaires femelles
a été manipulé et leur niveau d’aide lors de tâches d’entretien du territoire et de
défense contre un prédateur des oeufs a été comparé. Aucun effet du rang n’a été mis
en évidence lors de l’entretien du territoire mais la défense des oeufs semble augmenter
avec la réduction du rang hiérarchique. Ces résultats ne sont pas en faveur d’une
action de l’hypothèse d’augmentation de groupe active sur la reproduction coopérative
chez N. pulcher. De futures études sont nécessaires afin de mieux comprendre les théories
pouvant expliquer l’émergence et le maintien de comportements altruistes au sein du
règne animal.
Note publique d'information : Since Darwin's theory, cooperative breeding represents a challenge for evolutionary
biology. The first theory developed to explain altruistic behaviours displayed by
subordinates is the kin selection hypothesis. It is still nowadays the hypothesis
the more validated. However, this theory cannot explain situations where helpers are
not related or share a low relatedness with the group. Three other theories have been
explored to complete our understanding of cooperative breeding. One of these models
is the group augmentation hypothesis. It suggests that helping that increase group
size will be selected thanks to long and short term benefits of the group increase.
Even if its theoretical capacity to drive the helping evolution has been supported,
we still lack empirical evidence of its impact on it. In this study, we tested the
hypothesis of the “active group augmentation” in a cooperative breeding cichlid fish,
Neolamprologus pulcher. Since long-term benefits are the ones received by the helper
when it becomes a breeder, these benefits are highly dependent on the likelihood to
inherit a territory. The group augmentation hypothesis predicts that the helping level
will increase with the breeding territory inheritance probability. In our model species,
the inheritance likelihood of female is possible and depends on their rank. To challenge
this prediction, we manipulated the rank of eleven female helpers and tested their
helping level through digging behaviour and defence against eggs predator. We found
no effect of rank on digging behaviour and a decrease of defence with the rank. Our
results do not support the hypothesis that active group augmentation may influence
the evolution of helping behaviour in N. pulcher. Further studies are needed to better
understand how altruistic behaviours can emerge and be selected among a wide variety
of animal species.