Identifiant pérenne de la notice : 256439753
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Contexte : L’intérim est une forme d’emploi particulier mettant en relation 3 acteurs
: le salarié intérimaire mis à disposition de l’entreprise utilisatrice par l’agence
d’emploi. C’est un type d’emploi très répandu qui concerne 2 700 000 personnes par
an en France. La flexibilité que cela offre aux entreprises est souvent synonyme de
précarité des salariés. Le suivi de ces professionnels est complexe et insatisfaisant
pour les professionnels de santé par manque fréquent d’information. Nos objectifs
étaient de comparer les caractéristiques de travail et la prévalence de divers problèmes
de santé d’ouvriers intérimaires à celles d’ouvriers non intérimaires. Méthode : Ont
été inclus les ouvriers intérimaires des Hauts de France vus en entretien de santé
au travail, d’embauche ou périodique, entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre
2018. Leurs caractéristiques de travail et de santé, recueillies via le questionnaire
Evrest, ont été comparées à celles d’ouvriers non intérimaires des Hauts de France
également vus en entretien de santé au travail et ayant complété le même questionnaire
dans le cadre du dispositif Evrest entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2017.
Les comparaisons ont été réalisées par des régressions logistiques ajustées sur les
principaux facteurs de confusion. Résultats : Les réponses de 637 ouvriers intérimaires
ont été comparées à celles de 1351 ouvriers non intérimaires. Les ouvriers intérimaires
étaient plus jeunes et moins qualifiés. Ils rapportaient plus souvent travailler en
horaires décalés, effectuer des gestes répétitifs, garder une posture debout prolongée,
avoir peur de perdre leur emploi, et moins souvent utiliser des produits chimiques,
subir des postures contraignantes et subir une pression psychologique. Sur le plan
de la santé, après ajustement on retrouvait moins de problèmes psychiques, moins de
problèmes des membres inférieurs gênant le travail, et plus de problèmes ne gênant
pas le travail au niveau des épaules ou au niveau dorsolombaire. Conclusion : Les
intérimaires de notre étude se plaignent moins de problème de santé. On peut s’interroger
cependant puisque les notions de « douleur » et de « gêne » sont subjectives. En effet
par le prisme de l’insécurité de l’emploi et la peur de l’avenir, l’ouvrier intérimaire,
malgré une surexposition aux risques de troubles musculo squelettique prouvée pourrait
minimiser ses plaintes afin de conserver ses chances d’accéder à un emploi.