Note publique d'information : Introduction : Les plaies de pied sont une complication fréquente et grave du diabète,
puisqu’elles représentent la première cause d’amputation non traumatique en France.
La prise de diurétiques, d’antagonistes du récepteur de l’angiotensine 2 (ARA2) et
d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) semblerait augmenter le risque d’amputation.
Objectif : Evaluer, dans une population de patients diabétiques porteurs d’une plaie
de pied, l’impact des diurétiques, des IEC et des ARA2 sur le risque d’amputation
et le taux de cicatrisation. Méthode : Etude rétrospective menée sur 276 patients
diabétiques porteurs d’une plaie de pied, entre janvier 2018 et juillet 2019, au Centre
Hospitalo-Universitaire de Dijon, dans le service d’Endocrinologie, Diabétologie,
Maladies métaboliques. Résultats : Le taux d’amputation n’était pas significativement
différent entre les patients traités par diurétiques, IEC ou ARA2 et ceux qui ne l’étaient
pas (30,4 vs 21% ; 19,5 vs 28,8% ; 25,5 vs 26,1% respectivement). Le taux de cicatrisation
était meilleur chez les patients avec ARA2 que chez ceux sans ARA2 (79,5 vs 64,4%,
p<0,05). Une analyse multivariée prenant en compte de nombreux facteurs impliqués
dans la cicatrisation des plaies de pied diabétique objectivait une association indépendante
entre la prise d’un ARA2 et la cicatrisation (p=0,025). Il n’était pas retrouvé de
lien entre la prise d’un diurétique, d’un IEC, d’un ARA2 et le risque d’amputation.
Conclusion : La prise de diurétiques, d’IEC ou d’ARA2 ne semble pas influencer le
risque d’amputation. Nous démontrons pour la première fois que la prise d’un ARA2
était associée de manière indépendante à une meilleure cicatrisation chez plus de
250 patients diabétiques porteurs d’une plaie de pied. Nos résultats incitent à remplacer
les IEC par des ARA2 chez les patients diabétiques pris en charge pour une plaie de
pied. Ils devront cependant être confirmés dans des études prospectives.