Note publique d'information : Contexte : Les patients et les professionnels de santé, bien que souvent intéressés
par les thérapies non conventionnelles, connaissent mal l'étendue de ce domaine. Il
n'existe pas d'uniformisation du discours universitaire à ce sujet. Afin de prévenir
les dérives, notamment avec les professions non réglementées, une évaluation scientifique
de leur efficacité et de leurs risques est nécessaire. Pourtant, la qualité méthodologique
des essais sur les thérapies complémentaires reste souvent critiquée. Objectifs :
L'objectif principal de ce travail était de déterminer les attentes des professionnels
de santé sur une formation universitaire aux thérapies complémentaires, aux interventions
non médicamenteuses et à la méthodologie des recherches associées. Les objectifs secondaires
étaient d'évaluer leurs connaissances sur ces thérapies et leurs représentations des
spécificités de recherche sur ces thérapies. Matériel et méthode : Une étude qualitative
exploratoire a été réalisée auprès de 8 professionnels de santé sélectionnés dans
le but d'obtenir des réponses de professionnels ayant un intérêt pour ce sujet et
ayant participé à de la recherche clinique. Les données ont été recueillies par entretiens
semi-dirigés qui ont été enregistrés par dictaphone puis retranscrits et anonymisés.
Elles ont été analysées en suivant la méthode de la théorisation ancrée. Résultats
: Les professionnels de santé étaient intéressés par une formation sur les thérapies
complémentaires ; ils manquaient de temps pour une formation longue et pensaient ne
pas pouvoir se former à toutes les thérapies existantes. Ils privilégiaient une formation
sur les thérapies utilisées couramment par les patients. Ils souhaitaient des informations
générales, connaitre les bases sur lesquelles elles sont construites, leurs preuves
scientifiques, leurs indications et dangers potentiels. Certains envisageaient d'aller
plus loin et de se former à la pratique ou la prescription de thérapies. La plupart
connaissait mal ces thérapies qui sont décrites comme « secondaires » dans l'arsenal
thérapeutique. Ils n'étaient pas tous demandeurs d'une formation à la recherche. Ils
privilégiaient une formation à la méthodologie et une formation pratique. Ils estimaient
que la méthodologie de recherche qualitative est plus adaptée à l'évaluation de ces
thérapies devant les difficultés à réaliser des essais contrôlés randomisés. Conclusion
: Il serait intéressant de développer une formation universitaire nationale adressée
aux professionnels de santé, sur les thérapies complémentaires et interventions non
médicamenteuses et la méthodologie des recherches adaptées. Devant leur manque de
temps, il faudrait privilégier une formation modulable, par niveaux. La formation
à la recherche devrait être intégrée dans les modules de fin de cursus pour toucher
ceux qui s'y investiraient. Par ailleurs, la méthodologie de recherche ne fait pas
consensus et un modèle reste à développer.
Note publique d'information : Background: Patients and health professionals are interested in unconventional therapies
although they are unaware of the extent of this field. There is no standardization
of academic discourse on this subject. In order to prevent abuses, particularly with
unregulated professions, a scientific assessment of their effectiveness and their
risks is necessary. However, the methodological quality of trials on complementary
therapies is often criticized. Objectives: The main objective was to determine the
expectations of health workers for university training in complementary therapies,
non-pharmacological interventions and in the methodology of associated research. Secondary
objectives were to assess their knowledge of these therapies and their representations
of the specificities of research on these therapies. Material and methodology: An
exploratory qualitative study was conducted amongst eight (8) health workers selected
in order to obtain responses from professionals with an interest in this subject and
who have participated in clinical research. Data was collected through semi-structured
interviews which were voice recorded, then transcribed and anonymised. They have been
analysed using the grounded theory approach. Results: Health workers were interested
in complementary therapies training. They were lacking time for a long course and
thought they could not train in all the existing therapies. They favoured training
in therapies commonly used by patients. They wanted general information but also to
know the basis on which they are built, their scientific evidence, their indications
and potential dangers. Some were considering going a step further and train themselves
to the practice or prescription of therapies. Most were unfamiliar with these therapies,
which are described as “secondary” in the therapeutical arsenal. They were not all
seeking research training. They favoured training in methodology and practical training.
They believed that the qualitative study methodology is more suited to the evaluation
of these therapies in front of the difficulties of performing randomized controlled
trials. Conclusion: It would be interesting to develop a national university training
addressed to health professionals on complementary therapies and non-pharmacological
interventions and research methodology. Taking into account their lack of time, preference
should be given to flexible training, by level. Research training should be integrated
into end-of-course modules in order to reach those who would invest in it. In addition,
research methodology lacks a consensus, and a model remains to be developed.