Note publique d'information : Inscrite dans une problématique mondiale, la question alimentaire demeure une préoccupation
de toutes les sociétés humaines. Ceci dit, nous partons de notre expérience du milieu,
réactualisée par la littérature existante et les conversations courantes pour rendre
compte des pratiques alimentaires des Ambuun. La reconstruction d'une identité culturelle
à travers la filière agro-alimentaire chez les Ambuun s'interroge sur la manière dont
une société particulière répond aujourd'hui à ses besoins du manger. En cherchant
à réduire le poids des mentalités, à promouvoir les produits locaux et à réhabiliter
le système des greniers, cette étude vise l'amélioration des conditions de vie de
la société Ambuun en privilégiant son identité alimentaire. Par l'étude du manger
comme variable de l'identité sociale, nous avons décelé les liens implicites qui unissent
les Ambuun à leur environnement : ce sont les pratiques de commensalité, de sociabilité
autour du miong (chenilles), d'okwes ndzum (oseille sechée), de anter (courge) qui
serrent les liens de famille, de mariage, de parenté. Cette reconstruction a donné
lieu à des interprétations théoriques. En clarifiant nos concepts de base (identité
culturelle et filière agro-alimentaire), nous sommes parvenus à élucider les dynamismes
des pratiques alimentaires. Au plan empirique, le symbolisme caractérise les conduites
alimentaires des Ambuun. En rapprochant la réalité culturelle Ambuun suivant les typologies
de filière, nous constatons que les pratiques du manger de ce peuple oscillent entre
les filières à régulation domestique et les filières à régulation marchande. Ce rapprochement
révèle comment se construisent et se mettent en place ces pratiques de sociabilité
répondant aux préoccupations du moment, qui sont d'ordre économique, social et démographique.
Somme toute, notre analyse démontre que la recherche du confort digestif est une réalité
dynamique même s'il existe une certaine permanence. Elle se fait et se défait dans
la dynamique relationnelle. L'usage de elin (légume amer), de mwam (pâte d'arachide)
dont les Ambuun sont friands aujourd'hui, est le fruit de ces contacts interculturels.
De même, les produits de la tradinnovation et les produits industriels qui accompagnent
le menu semblent traduire cette évidence
Note publique d'information : The study tackles the problem of reconstructing the Ambuun cultural identity through
their food-chain habits. It highlights the ways in which that particular community
tries to solve it's alimentary needs on the one hand, and the implicit relationship
with its surrounding environment on the other. In fact, such specific Mbuun diets
and recipes as "miong" (cartepillars), "okwes ndzum" (kind of dried vegetable) and
"anter" (gourd) reveal the conviviality and the sociability of the Ambuun people as
well as strengthen their family, marriage and parental ties. In summary, one of the
main findings of this study is that the search for digestive comfort is a dynamic
reality even tough some permanent style may be noticed. The search for good digestion
is there fore achieved within a dynamic relational process