Identifiant pérenne de la notice : 260464155
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Ce travail portant sur l'enfant dans le roman réunionnais couvre 150 ans de littérature.
41 textes de 27 auteurs sont étudiés depuis les marrons (premier roman réunionnais
en 1844) jusqu'à la nuit cyclone (fin du corpus en 1994). La première partie inventorie
les images de l'enfant dans le roman réunionnais avant 1960. Selon les convictions
des romanciers, l'enfant non blanc, blanc ou adulte (femme, esclave, engage) incarne
les dangers ou l'espoir du métissage, la perpétuation ou l'ébranlement de l'ordre
colonial. Le silence romanesque de 1960 à 1975 est ensuite analyse à l'aune de la
présence de l'enfant dans le roman québécois, mauricien ou antillais de cette période.
Le roman et l'image de l'enfant qu'il reflète se révèlent être les fruits des conjonctures
littéraires, éditoriales et politiques. La deuxième partie examine la prose réunionnaise
à dominante autobiographique de 1977 à 1994. Elle brosse un tableau de l'enfance et
du rapport de l'enfant à l'égard de sa filiation. Il s'agit de déceler les peurs,
parfois les traumatismes mais aussi les symboliques de la maison, du cyclone, de l'arbre,
des fêtes comme des indices de l'identité culturelle qui façonnent le romancier réunionnais.
La troisième partie met au jour des thèmes et des images spécifiques: le sucre et
la chaudière traitresse, la nourriture et l'identité, ou encore le viol et le galop
d'un cheval blanc. Le rapport de l'enfant à sa filiation témoigne de ses valeurs rédemptrices
: il soutient également le père terrorise ou la mère noire. Il souffre par ailleurs
de l'absence paternelle et de la séduction maternelle. Il montre le chemin de la liberté
au terme d'une purification. En définitive, l'enfant dans le roman réunionnais manifeste
la pérennité de la difficulté identitaire depuis le début de l'histoire de l'île jusqu'à
nos jours. Cependant, il porte en lui l'espoir d'accéder à la parole et à l'être,
transcendant le malaise d'un jeune peuple, en travail nécessaire et dynamique.