Note publique d'information : L'étude des images du pouvoir se propose d'établir la forme et le sens des représentations,
passant ou non par le biais d'images rhétoriques, des différentes formes de pouvoir
évoquées par Lucien. Il s'agit aussi de déterminer si Lucien se borne à un travail
purement littéraire de réécriture ou s'il se fait observateur de son temps. Lucien
s'intéresse tout d'abord à un pouvoir déchu, celui des dieux olympiens, poussant jusqu'à
l'absurde la représentation anthropomorphique des immortels, il les dépeint aussi
médiocres que les hommes dont ils ont les attitudes les soucis, les défauts et les
limites. Cette perte de pouvoir prend un sens politique : les dieux figurent des citoyens
inconséquents ou bien un empereur romain débonnaire et las du pouvoir. La comédie
fait place à la polémique quand Lucien évoque le type du faux philosophe, qu'il invective
au moyen de métaphores animales l'assimilant successivement à un chien, toi poisson,
un âne et un singe : Lucien use aussi d'arguments philosophiques en employant l'image
du théâtre et de l'acteur pour montrer que les charlatans, qui ne mettent pas leurs
théories en pratique, sont aux antipodes de l'idéal philosophique. Le pouvoir des
philosophes repose essentiellement sur la force de persuasion de leurs discours :
un troisième chapitre étudie donc le pouvoir ambivalent de la parole qui, utilisée
dans les règles de l'art, est source d'un plaisir partage, mais peut aussi devenir
un instrument de domination assimilable à un sortilège, dangereux ou ludique selon
celui qui en use. Enfin, le portrait idéal que Lucien fait du vrai philosophe montre
que celui-ci sait avant tout faire une image raisonnée de la parole et persuader au
moyen de métaphores pédagogiques. En filigrane, derrière ce modèle c'est une esquisse
de Lucien lui-même que l'on aperçoit. L'image du pouvoir que l'on découvre est celle
de Lucien tirant les ficelles d'un réseau métaphorique très cohérent, tour à tour
créateur d'images et objet de celles-ci.