Note publique d'information : Parce que la psychologie cognitive vise à décrire, modeliser et expliquer les mécanismes
de la pensée, le droit ne peut l'ignorer. Aux côtés d'autres matières auxiliaires
du droit, la psychologie judiciaire révèle qu'un juge fait appel-lors de la motivation
de ses décisions-a un raisonnement juridique abrupt constitué en amont d'un raisonnement
déductif ou indéductif et en aval de raisonnements syllogistique, par analogie, implicite
et nécessairement utilisé, par subsidiaire, a contrario, subséquent, par substitution,
par élimination et d'autorité. Elle révèle encore que notre système judiciaire s'attache
à minimiser un traitement cognitif probabiliste. Mais sur le rejet de l'inintelligible,
du raisonnement contradictoire, du raisonnement excessif..., qui sont l'occasion de
censures de la motivation des juges, se greffent des biais cognitifs de jugement permettant
à ceux-ci de pleinement justifier le fondement intellectuel de leurs décisions. Biais
de traitement, jugements par heuristiques, effets de cadre, jugements de probabilités...sont
abondamment utilisés pour donner aux décisions de justice une rationalité potentielle.
De la décision de justice féfléchie au jugement de valeur et à l'illusion maîtrisée
d'une justice parfaite, il n'y a alors qu'un pas que le droit et, plus spécifiquement,
la théorie générale du droit n'hésitent pas à franchir.