Identifiant pérenne de la notice : 260464937
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Dans la présente étude, il s'agit de déterminer si le décor des romans "gothiques"
anglais, combinaison de l'architecture médiévale des châteaux et des abbayes en ruine
et de la nature dans ses aspects pittoresques et sublimes, est le fruit de la seule
imagination des artistes de la fin du XVIIIe siècle ou si l'on peut y déceler l'influence
d'un courant déjà existant. Pour ce faire, il a paru nécessaire de retracer brie��vement
l'atmosphère où a baigné l'apparition de ce genre littéraire nouveau. La première
section de cette étude sera consacrée à cette exploration préalable et à un rappel
succinct de l'origine des notions de sublime et de pittoresque. Des théories esthétiques
en vogue à partie de la seconde moitié du XVIIIe siècle, nous passerons à leur application
concrète, avec l'examen des constructions architecturales - tant dans le travail de
restauration ou de construction d'édifices religieux ou profanes, que dans la création
des jardins paysagers. Ces références architecturales ont influencé les romanciers
gothiques au même titre que la redécouverte de monuments du passé litéraire tels que
Shakespeare, ou la lecture des poètes des premières décennies du XVIIIe siècle, aux
vers empreints d'une profonde mélancolie engendrée par la méditation nocturne sur
les tombes ou devant les ruines d'édifices jadis prestigieux. La mélancolie est bien
la caractéristique d'une époque troublée où violence et sensibilité se côtoient. La
malaise ambiant va se révéler propice à la naissance puis au développement du fantastique.
Le renouveau celtique avec Ossian "traduit" par Macpherson remet au goût du jour les
histoires de revenants, de spectres, de sorcellerie et d'enchantements que Percy exhume
également dans ses Reliques of Ancient EnglishPoetry. Les romanciers gothiques vont
explorer les profondeurs de l'âme humaine, annonçant, à bien des égards, ce que dévoilera
plus tard la psychanalyse