Note publique d'information : Depuis plusieurs décennies, l’enquête de police judiciaire est une phase hégémonique
de la procédure pénale. Elle supplante aujourd’hui l’information judiciaire en permettant
aux enquêteurs de réaliser de nombreux actes d’investigation. En revanche, les droits
des mis en cause et des victimes sont incomparablement moins développés en enquête
qu’en phase d’instruction. C’est dans ce contexte qu’a émergé la revendication d’introduire
plus de contradictoire dans les enquêtes de police judiciaire.En enquête, le contradictoire
implique de pouvoir accéder aux actes réalisés par les officiers de police et aux
pièces qu’ils ont recueillies, qui sont regroupés dans le dossier de l’affaire. En
ayant connaissance de ces éléments, le suspect et la victime seraient en mesure de
présenter des observations au procureur de la République et de discuter le déroulement
de l’enquête. Toutefois, un accroissement trop important des droits des parties à
l’enquête risque de nuire à l’efficacité des investigations. Non seulement des temps
d’échanges avec le suspect ou la victime risquent de ralentir la procédure, mais surtout,
les stratégies déployées par les enquêteurs supposent parfois de ménager un effet
de surprise, ce qui serait impossible en cas d’ouverture d’un droit d’accès permanent
au dossier.Depuis quelques années, le législateur a créé des « fenêtres de contradictoire »
en enquête. Cependant, elles sont soumises à des conditions d’ouverture particulièrement
restrictives et les dispositions en cause peinent donc à être effectivement appliquées.
À partir d’une étude des manifestations contemporaines du principe du contradictoire
en enquête et des pratiques afférentes, il est possible de chercher quel degré de
contradiction peut être introduit en enquête sans entraver la recherche des infractions
et de leurs auteurs.
Note publique d'information : For decades, the police investigation has been a hegemonic phase of criminal procedure.
Today, it supplants the judicial investigation by allowing investigators to carry
out numerous investigative acts. In the same time, the rights of defendants and victims
are incomparably less developed in the police investigation phase than in the judicial
investigation. In this context, the claim to introduce more adversariality in the
police investigation has emerged.In the police investigation, the adversarial process
implies being able to access the acts carried out by the police officers and the documents
they have collected, which are gathered in the case file. With this information, the
suspect and the victim would be able to make observations to the public prosecutor
and discuss the course of the investigation. However, too much increase in the rights
of the parties to the investigation could undermine his effectiveness. There is a
risk that the time spent talking to the suspect or the victim will slow down the procedure,
but above all, the strategies deployed by the investigators sometimes involve maintaining
an element of surprise, which would be impossible if a permanent right of access to
the file was granted.In recent years, the legislator has created “windows of adversariality”
in the police investigation. However, they are subject to particularly restrictive
opening conditions and theprovisions in question therefore have difficulty being effectively
applied. Based on a study of contemporary manifestations of the adversarial principle
in investigations and related practices, it is possible to determine what degree of
adversariality can be introduced in investigations without hindering the search for
offences and their perpetrators.