Note publique d'information : Le plus souvent en marge des courants idéologiques dominants en Italie, Nicola Chiaromonte
a joué un rôle déterminant dans le dialogue culturel entre l'Italie et la France,
et plus encore entre l'Europe et les États-Unis. Au lendemain de la Seconde guerre
mondiale, revenu de son exil outre-Atlantique, il s'efforce de rassembler dans un
projet culturel commun inspiré par un antitotalitarisme authentique et profond des
intellectuels américains – en particulier Dwight Macdonald, Mary McCarthy et Hannah
Arendt – et des écrivains français dont il se sent proche : ami de longue date avec
André Malraux – bombardier dans l'escadron aérien créé par le romancier, Chiaromonte
est le Scali de L'Espoir –, il avait noué dès 1941, en Algérie, un lien fraternel
avec Albert Camus. Son cosmopolitisme a profondément influencé sa pensée politique,
aiguisant son intelligence des évolutions socioculturelles à moyen et à long terme
dont il a su restituer, avec rigueur et clarté, les enjeux éthiques. De cette lucidité
découle son engagement inlassable contre le totalitarisme, son souci de dévoiler les
multiples visages de la "tyrannie moderne" pour défendre, avant tout, l'autonomie
de la culture. Dans ses essais, dans son combat culturel, Nicola Chiaromonte s'est
toujours montré soucieux de maintenir le dialogue aussi ouvert que possible avec ceux
qui, de l'autre côté du rideau de fer, subissaient l'oppression totalitaire.