Note publique d'information : CONTEXTE : La stratégie thérapeutique privilégiée à l’heure actuelle dans la SEP est
celle de l’initiation précoce d’un traitement de fond afin de ralentir la progression
du handicap. Pourtant, une première étude s’intéressant aux patients atteints de SEP
répertoriés sur la base nationale EDMUS et vus en consultation entre juin 2016 et
juin 2017 a révélé que 31,3% des patients SEP n’étaient pas traités. Depuis, les critères
de Mac Donald 2017 ont été publiés et de nouveaux traitements de fond ont été mis
sur le marché. Ainsi, y a-t’il un impact de ces avancées sur le taux de patients traités
? OBJECTIFS : Déterminer la proportion des patients atteints de SEP vus en consultation
entre décembre 2018 et décembre 2019 et ne recevant pas de traitement de fond. Comparer
les caractéristiques démographiques, cliniques et radiologiques des patients avec
ou sans traitement. Comparer la prévalence par rapport à celle observée lors de la
première étude sur les données obtenues 2 ans plus tôt. MÉTHODE : Étude observationnelle,
rétrospective, transversale et multicentrique portant sur les données de 24822 patients.
Les données concernant les patients inclus sont issues de la base de données nationale
EDMUS. Les patients devaient avoir été vus par un neurologue dans le cadre d’une SEP
entre décembre 2018 et décembre 2019. La première consultation survenant durant la
période d’intérêt a été prise en compte. L’existence d’un traitement de fond mis en
place dans les 6 mois après la consultation index a été prise en compte pour obtenir
une approximation du nombre de patients non traités à un instant t mais en attente
de traitement. Les données de l’extraction du 15/06/2021 ont été utilisées pour permettre
de disposer d’un recul minimal de 18 mois avec remplissage optimal de la base par
rapport à la consultation index. RÉSULTATS : 29.2% des patients n’étaient pas traités
lors de la consultation d’intérêt, contre 31,3% précédemment (p<0.001). 12,1 % des
patients n’avaient jamais reçu de traitement de fond (vs 14.7%, p<0.001). L’âge élevé,
la longue durée d’évolution de la SEP, les formes RR avec poussée unique, SP et PP
et le sexe masculin étaient associés à une probabilité plus élevée de non-traitement.
À l’inverse, le sexe féminin prédisposait à être traité. La sévérité clinique était
plus faible et le délai entre le début de maladie et l’introduction des traitements
fond plus court chez les patients en cours de traitement. Les patients les plus traités
présentaient une SEP rémittente récurrente. CONCLUSION : La proportion de patients
non traités dans cette étude reste élevée mais diminue par rapport à celle de la précédente
étude. Alors que le taux de patients traités est stable dans les formes secondairement
progressives voire discrètement plus faible dans les formes rémittentes récurrentes
associées à la survenue d’au moins deux poussées, la proportion de patients traités
parmi les SEP primaires progressives est plus élevée, probablement grâce à la mise
sur le marché de l’ocrelizumab. La hausse du taux de traitement la plus nette concerne
les patients présentant une SEP rémittente récurrente avec poussée unique, pouvant
témoigner de l’effet des nouveaux critères diagnostiques qui permettent un diagnostic
de SEP et une initiation de traitement plus précoces. L’actualisation des critères
Mac Donald étant récente, l’effet des modifications effectuées démontrera probablement
son plein effet dans quelques années.