Note publique d'information : Chez Drosophila melanogaster, la communication phéromonale se fait majoritairement
au moyen des hydrocarbures cuticulaires sexuellement spécifiques (et de produits dérivés)
et du 11 - cis - vaccényl acétate (cVA), phéromone lipidique mâle. Leur dépôt conjoint
sur la nourriture, véritable signature chimique de l’espèce, attire mâles et femelles
conspécifiques et favorise accouplements et comportements collectifs. Initialement
décrite comme stéréotypée, il a récemment été montré que la réponse adulte aux phéromones
pouvait cependant être plastique et dépendre notamment de l’expérience juvénile d’un
individu (i.e. imprégnation). Dans ce contexte, le phénomène d’empreinte au cVA a
fait l’objet d’une analyse à travers l’étude du rôle agrégatif de la phéromone chez
des individus dont l’imprégnation a été manipulée.La première échelle, comportementale,
avait pour but d’étudier l’attraction à distance de mâles et femelles imprégnées ou
non au cVA vers un choix de nourritures marquées au moyen d’un tunnel de vol. Le marquage
était soit réalisé naturellement par les dépôts phéromonaux et microbiotiques de conspécifiques,
soit manuellement par dépôt de cVA synthétique. Cette première expérience a fait l’objet
d’une analyse complémentaire des espaces de tête des nourritures utilisées visant
à étudier la nature et l’origine des odorants émis. Les résultats ont mis en évidence
la nécessité d’un contact larvaire avec le cVA dans la modulation de l’attraction
adulte à la phéromone, cependant l’exposition synthétique au cVA seul ne suffit pas
à rétablir pleinement l’attraction naturelle, supposant que d’autres composés sont
impliqués dans l’imprégnation. L’attractivité des nourritures apparait de plus dépendante
du sexe de la Drosophile testée, de la nature du marquage présent sur la nourriture
et du choix de nourritures proposées.La deuxième échelle, électrophysiologique, avait
pour but d’étudier la réponse antennaire de mâles et femelles imprégnés ou non au
cVA lors de la diffusion à courte distance de la phéromone. Les enregistrements ont
mis en évidence l’existence de différences de réponses périphériques selon l’exposition
pré-imaginale à la phéromone, mais pas selon le sexe. Il semble donc que les différences
de comportements observables entre mâles et femelles en tunnel de vol s’expliquent
par le dimorphisme central de circuiterie du cVA plutôt que par une détection périphérique
différente de la phéromone. Finalement, l’absence de différence de réponses entre
les individus non – imprégnés et synthétiquement imprégnés soutient davantage la nécessité
de contact avec d’autres composés en plus du cVA pendant la période larvaire afin
de permettre l’imprégnation totale à la phéromone.
Note publique d'information : In Drosophila melanogaster, pheromonal communication is mainly mediated through sex-specific
cuticular hydrocarbons (and derived compounds) and the male lipidic pheromone 11 -
cis - Vaccényl Acétate (cVA). When deposited together on the feeding substrate they
attract conspecifics males and females, promoting mating and collective behaviors.
Initially described as stereotyped, recent findings showed that adult response to
pheromones could be plastic and depend on the juvenile experience of an individual
(i.e. imprinting). In this context, we studied cVA imprinting through its aggregative
effect in individuals whose imprinting has been manipulated.The first goal, behavioral,
was to study long-range attraction of cVA (or not)-imprinted males and females presented
with a dual food choice in a flight tunnel. Foods were either naturally labelled by
conspecifics (depositing their pheromonal and microbial compounds) or manually enriched
with cVA. This first experiment was completed by the analysis of labeled food headspaces
to decipher sources and natures of volatiles odorant compounds attracting Drosophila.
This experiment highlighted the necessity of an early larval contact with cVA to modulate
adult attraction to the pheromone. However, manual larval exposure to cVA alone was
not sufficient to fully restore adult attraction,which may indicate that other compounds
are needed in the pheromone imprinting. Food choice finally appeared to be a sex-specific
behavior dependent on the nature of the food labelling and the dual food choice presented.The
second goal was to study the electrophysiological antennal response of cVA (or not)-imprinted
males and females when presented with a short-range puff of the pheromone. Recording
showed modulation of the peripheric response according to pre-imaginal exposure to
cVA but not the sex. It seems that sex-specific long-range attraction in the flight
tunnel is rather explained by the central dimorphism of cVA–neural olfactory system
than by a different peripheral detection of the pheromone. Finally, the similarity
of peripheric response in unimprinted and manually imprinted individuals to cVA alone
support the hypothesis that larval imprinting to cVA needs additional parental compounds
to be fully effective in adult.