Note publique d'information : Introduction : la prescription d'antibiotique représente un enjeu majeur de santé
publique dans un contexte de lutte quotidienne contre l'antibiorésistance. De plus,
la médecine de ville reste la principale source de prescription d'antibiotique. Les
tests rapides d'orientation diagnostique (TROD) apparaissent donc comme un moyen de
lutte contre ce fléau. Objectifs : l'objectif principal est d'évaluer les pratiques
des médecins généralistes de Picardie sur l'utilisation des TROD en soins primaires.
Le premier objectif secondaire est de déterminer les freins à l'utilisation des TROD
en médecine de premier recours. Les autres objectifs secondaires sont de rechercher
une corrélation entre le profil du praticien et l'utilisation des TROD ; entre l'utilisation
des TROD et la prescription d'antibiotique ; et entre le profil du médecin et ses
connaissances en matière d'antibiorésistance. Matériel et méthodes : réalisation d'une
étude observationnelle descriptive transversale avec analyse quantitative de novembre
2023 à juin 2024 qui a été réalisée chez les médecins généralistes de Picardie. Le
questionnaire de 22 questions a été disponible sur google form. La comparaison des
variables qualitatives a été réalisée par un test de Chi2 ou test exact de Fisher.
Le seuil de significativité était considéré comme p < 0,05. Résultats : l'analyse
statistique porte sur 45 médecins installés et 19 médecins remplaçants. Deux tiers
des participants utilisent des TROD dans leur pratique quotidienne. Le test le plus
utilisé est le TROD angine à 98,40%. Le principal frein mis en évidence est l'absence
de cotation pour plus de la moitié des praticiens. 65,3 % des médecins utilisateurs
de TROD sont des femmes (p = 0,0156). Tous les médecins interrogés connaissent la
problématique de l'antibiorésistance. Environ 90% des médecins interrogés sont unanimes
sur le fait de prescrire plus facilement des antibiotiques chez les patients immunodéprimés.
Enfin, plus de 90% des praticiens interrogés utilisent Antibioclic comme site internet
d'aide à la prescription d'antibiotique. Discussion : d'après la Haute Autorité de
Santé (HAS), les TROD covid – grippe – VRS ne présentent pas une sensibilité suffisante
pour pouvoir être utilisés à grande échelle, et leur intérêt est peu marqué devant
l'absence de symptomatologie bruyante à l'heure actuelle. Les TROD angines pourtant
utilisés depuis plus de quinze ans par les médecins généralistes selon les recommandations
commencent à faire débat au sein même des sociétés savantes. Les praticiens sont unanimes
concernant le manque de cotation qui est le frein majeur à l'utilisation des TROD,
contrairement au secteur officinal. La totalité des médecins inclus dans cette étude
sont sensibilisés à l'antibiorésistance, cependant la surcharge de travail, le manque
de temps, et la diversité de la médecine générale sont probablement à l'origine de
l'ignorance de la stratégie nationale de lutte contre l'antibiorésistance pour 75%
des médecins. Conclusion : les médecins généralistes interrogés dans ce travail utilisent
en grande majorité les TROD. Le TROD angine est le test le plus utilisé parmi les
médecins généralistes. Le principal frein à leur utilisation est l'absence de cotation.
Tous les médecins de cette étude connaissent la problématique de l'antibiorésistance.
Note publique d'information : Introduction : The prescription of antibiotics represents a public health issue in
a context of daily fight against antibiotic resistance. In addition, liberal medicine
remains the main source of antibiotic prescription. Rapid diagnostic tests therefore
appear as a mean of fighting against this scourge. Objectives : The main objective
is to evaluate the practices of general practitioners in Picardie concerning the use
of rapid diagnostic tests. One of the secondary objective is to determine the downside
to using of rapid diagnostic tests in primary care. The other secondary objectives
are to establish a correlation between the profile of the practitioner and the use
of rapid diagnostic tests; between the use of rapid diagnostic tests and the prescription
of antibiotics; and between the profile of the doctor and his knowledge of antibiotic
resistance. Material and methods : Conducting a cross-sectional descriptive observational
study with quantitative analysis from November 2023 to June 2024, which was carried
out among general practitioners in Picardie. The 22- question questionnaire was available
on Google Form. The comparison of qualitative variables was carried out using a Chi2
test or a Fisher exact test. The significance threshold was considered to be p < 0.05.
Results : The statistical analysis covers 45 established physicians and 19 replacement
physicians. Two-thirds of the participants use rapid diagnostic tests in their daily
practice. The most widely used test is the tonsillitis test with 98.40% of use. The
main drawback identified is the lack of pricing for more than half of the practitioners.
65.3% of physicians using rapid diagnostic tests are women (p = 0.0156). All physicians
are aware of the issue of antibiotic resistance. About 90% of the doctors are unanimous
on the fact of prescribing antibiotics more easily in immunocompromised patients.
Finally, more than 90% of the practitioners use Antibioclic as a website to help with
prescribing antibiotics. Discussion : According to the High Authority of Health, the
covid – flu – VRS tests are not sensitive enough to be used widely, moreover, nowadays
the symptoms are not severe. The tonsillitis test, although used for more than fifteen
years by general practitioners according to the recommendations, are beginning to
be debated within learned societies. Practitioners are unanimous concerning the lack
of pricing which is the major downside to using rapid diagnostic tests, unlike in
the pharmacy sector. All the doctors included in this study are aware of antibiotic
resistance, however the work overload, lack of time and diversity of general medicine
are probably the cause of the lack of knowledge of the national strategy to combat
antibiotic resistance for 75% of doctors. Conclusion : Almost all general practitioners
included in this study use rapid diagnostic tests. The tonsillitis test is the most
used test among general practitioners. The main drawback to their use is the lack
of pricing. All the doctors enrolled in this study are aware of the problem of antibiotic
resistance.