Identifiant pérenne de la notice : 282268480
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Le nationalisme a fait l'objet de nombreux débats et de nombreuses études historiques
lors des dernières décennies, une lacune concernant le cas espagnol restait à combler.
C'est ce que fait ce remarquable ouvrage de l'historien espagnol José Álvarez Junco
qui étudie la formation de l'identité collective en Espagne, ses succès, ses limites.
Deux manières de considérer la question de la nation s'affrontent : celle qui voit
en la nation une réalité naturelle et celle qui l'envisage comme une création artificielle,
comme le résultat de l'inculcation du sentiment d'appartenance de la part de l'État.
C'est clairement dans la deuxième ligne théorique que s'inscrit le présent livre.
Et c'est pourquoi il commence par analyser les origines de l'idée de nation espagnole
qu'il trouve dans l'existence d'un sentiment de patriotisme ethnique. Il envisage
ensuite le processus de construction du sentiment national proprement dit au XIXe
siècle qui commence avec la guerre contre les troupes napoléoniennes. Deux visions
de l'idée nationale vont progressivement s'affronter alors : celle des libéraux et
celle des conservateurs qui trouvera son prolongement dans le national-catholicisme.
Si chaque camp va élaborer une nationalisation de la culture, ni l'un, ni l'autre
ne mènera à bien pour autant un travail de diffusion de l'identité nationale auprès
de la population du pays. En outre, deux facteurs essentiels pour la consolidation
du sentiment national, l'entreprise coloniale et le combat contre un ennemi (le pays
reste à l'écart du premier conflit mondial), manqueront à l'Espagne. Aussi aucun projet
ne mobilisera les masses à l'orée du XXe siècle et les élites restent finalement dominées
par un sentiment de décadence. Quiconque s'intéresse à la question de la nation trouvera
dans cet ouvrage essentiel aussi bien une analyse approfondie du cas espagnol que
de nombreuses pistes de réflexion sur ce sujet.